PORTRAITS

"Je vieillis mon cher. Le seul qui ne vieillisse pas est Cary Grant." Grace KELLY, son amie et partenaire dans LA MAIN AU COLLET.

"Le meilleur" Marlène DIETRICH, sa partenaire dans VENUS BLONDE.

"On ne le met pas en scène. On le met juste devant la caméra". Alfred HITCHCOCK, réalisateur de SOUPCONS, LES ENCHAINES, LA MAIN AU COLLET et LA MORT AUX TROUSSES.

"On ne peut imaginer acteur plus élégant, plus charmeur, plus spirituel... Pilier de la comédie romantique des années 30 à 50, il sut renouveler à chaque fois, grâce à une technique de comédien immense, son personnage ô combien classique de séducteur légèrement caustique. Sa rencontre avec Alfred Hitchcock, qui révéla un aspect plus trouble de sa personnalité, marquera un tournant décisif dans sa carrière. Ils feront ensemble 4 chefs-d'oeuvre". STUDIO MAGAZINE

 


SCENES DE FILMS


Les enchaînés

Elle et lui

Soupçons


La mort aux trousses




Charade





La main au collet


Seuls les anges ont des ailes

 


Arsenic et vieilles dentelles

L'impossible Mr Bébé

Gunga Din


Indiscret

Destination Tokyo

BIOGRAPHIE

De son vrai nom Alexander Archibald Leach, Cary Grant est né le 18 janvier 1904 à Bristol (Angleterre) où son père, dont il est l'enfant unique, exerce la profession de tailleur. Sa mère Elsie est placée par son père dans un hôpital psychiatrique lorsqu'Archie est âgé de dix ans. En effet, elle n'a jamais surmonté la dépression survenue après la mort d'un précédent enfant. Son père, qui a ensuite un fils d'une autre femme, lui raconte que sa mère est partie pour de longues vacances. Ce n'est pas avant d'avoir plus de 30 ans qu'il découvre qu'elle vit encore, placée dans un institut spécialisé.

Elève plutôt médiocre et rêveur, mais bricoleur habile, il confectionne, très jeune, un nouveau moyen d'éclairage théâtral. L'invention impressionne l'un des électriciens de son collège qui le présente au directeur d'un théâtre de Bristol. De cette rencontre naît chez l'adolescent le désir de devenir comédien. Agé de 15 ans, le jeune garçon s'enfuit de chez lui et se fait engager dans la troupe des Pender où il apprend à danser, à faire le clown, et marcher avec des échasses. En 1920, il part pour New York, avec une partie de la troupe, afin de participer à un " musical " de Fred Stone, monté à l'Hippodrome de New York, alors le plus grand théâtre du monde. De retour en Angleterre, il fait la connaissance du producteur Arthur Hammerstein qui le ramène à New York comme doublure de Paul Gregory dans " Golden dawn".

Sous le nom d'Archie Leach, il obtient ensuite le principal rôle masculin de "Polly with a past ", puis on le voit aux côtés de Jeanette Mac Donald dans "Boom Boom". Suivront "A wonderful night ", "Street singer " et bien d'autres opérettes, montées à Broadway, où il tient presque toujours le rôle du playboy chantant avec la particularité d'un menton en "fesses d'ange". On le voit pour la dernière fois en 1931 dans "Nikki ", auprès de Fay Wray qui lui conseille d'aller tenter sa chance à Hollywood. Après un bout d'essai, B.P. Schulberg, alors grand patron de la Paramount, lui signe un contrat pour 5 ans. Il y fait une rencontre décisive, celle de l'acteur Randolph Scott lors du tournage de son 1er film “Hot Saturday” (leur amitié restera intacte jusqu'à son décès).On voit en lui un rival possible de Gary Cooper, dont il sera le partenaire dans "Devil and the deep". Prenant le pseudonyme de Cary Grant, il chante auprès de Lily Damita dans "This is the night". Puis c'est la rencontre avec Mae West qui l'impose dans "Lady Lou".

Cary Grant joue ensuite dans les plus célèbres comédies de l'époque, dont "L'impossible monsieur bébé" avec Katharine Hepburn, "La dame du vendredi" avec Rosalind Russell, "Arsenic et vieilles dentelles" avec Pricilla Lane, et "Chérie, je me sens rajeunir" avec Ginger Rogers. Son rôle dans "Cette sacré vérité" avec Irenne Dunne, représente l'incarnation type du personnage de Grant à l'écran. Ces rôles personnalisent sa force d'attraction, et "Indiscrétions", avec Hepburn et James Stewart, démontre son stéréotype à l'écran : l'homme charmeur mais peu fiable, précédemment marié à une femme intelligente et de caractère qui, après avoir divorcé de lui, réalise que - malgré ses défauts - il est irrésistible.

Grant a été une valeur sûre du box-office pendant plusieurs décennies. Acteur polyvalent, il a jouér des rôles physiques comme dans "Gunga Din" avec le savoir-faire acquis sur la scène. Howard Hawks, célèbre réalisateur, dit de lui qu'il est « de si loin le meilleur qu'aucun ne peux se comparer à lui".

Il a également tourné dans plusieurs films d'Alfred Hitchcock qui, bien connu pour ne pas aimer les acteurs, a dit de lui « qu'il était le seul acteur qu'il ait jamais aimé de toute sa vie ». Grant apparaît ainsi dans de grands classiques du maître du suspense : "Soupçons", "Les enchaînés", "La main au collet" et "La mort aux trousses". Le biographe Patrick McGilligan a écrit qu'en 1965, Hitchcock propose à Grant de jouer dans "Le rideau déchiré" mais celui-ci ayantt décidé de se retirer après son dernier film, "Rien ne sert de courir" (1966) ; C'est Paul Newman qui prend ainsi le rôle dans ce célèbre film.

Au milieu des années 50, Grant crée sa propre maison de production : "Grantley Productions", et produit plusieurs films distribués par Universal, tels"Opération jupons", "Indiscret", "Un soupçon de vison" (avec Doris Day), et "Grand méchant loup appelle". En 1963, il joue aux côtés d'Audrey Hepburn dans "Charade".

Cary Grant a été le premier acteur "indépendant", à contre-courant du vieux système des studios, qui décidaient des évolutions de leurs acteurs. Il a pu ainsi avoir le controle de chaque aspect de sa carrière. Il a décidé quels films tourner et s'est impliqué dans le choix du réalisateur et de ses partenaires et a même négocié parfois un pourcentage sur les bénéfices, un privilège rare à l'époque mais désormais courant parmi les grandes stars.

Durant sa riche carrière, Il a été nommé deux fois aux Oscars dans les années 40 mais, étant l'un des premiers acteurs indépendants des grands studios, il ne l'obtiendra pas durant ses années d'activité. Ce n'est qu'en 1970, que l'académie lui remet un Oscar d'honneur pour sa carrière. En 1981, il a reçu les honneurs du Kennedy Center.

Cary Grant lors de la remise de son Oscar d'Honneur en 1970.

Cary Grant est devenu citoyen américain en 1942 pour désamorcer le scandale résultant de sa non-incorporation à l'armée britannique. Il a pourtant servi comme volontaire dans la Royal Navy dès 1940, mais à 36 ans il avait atteint la limite d'âge d'incorporation. Cela lui fit déclarer qu'il voulait participer activement, même pour un poste de pompier. Mais une partie du gouvernement britannique pensait qu'il serait d'une plus grande utilité en restant à Hollywood. Durant les années de guerre, il reversera l'intégralité de ses salaires aux oeuvres de charité anglaises et le bruit courut même qu'il travaillait pour les services de renseignement de son pays, transmettant les suspicions de sympathie nazi parmi l'élite d'Hollywood. Mais ceci n'a jamais pu être prouvé, tant que les archives sur ce sujet restent classées à ce jour. En 1946, George VI l'honora de la médaille du Roi pour services rendus à la Grande-Bretagne durant les hostilités.

Éloigné des écrans, l'acteur restera néanmoins actif. À la fin des années 60, il accepte un poste au comité de direction de Fabergé. Une fonction qu'il assume pleinement en assistant aux assemblées et faisant de la promotion, conscient que sa présence lors du lancement d'un nouveau produit peux lui garantir le succès.

En 1967, il enregistre deux chansons pour Columbia, à New York, dédiés à sa fille unique Jennifer : “Christmas Lullaby” and “Here’s To You”. Peggy Lee, une très bonne amie à lui, prêta sa voie pour les choeurs et écrivit les paroles de la première chanson.

À la fin de sa vie, il fera des tournées aux Etats-Unis appelées "A Conversation with Cary Grant" au cours desquelles sont projetés des extraits de ses films suivis de débats. L'acteur se préparait pour une représentation à l'Adler Theater à Davenport dans l"Iowa l'après-midi du 29 novembre 1986, lorsqu'il fut victime d'un accident vasculaire cérébral. Il meurt dans la nuit au St. Luke's Hospital à l'âge de 82 ans.

La vie privée de l'acteur a été plutôt agitée, comprenant notamment cinq mariages. Des rumeurs ont remis régulièrement en cause son orientation sexuelle.

Sa première femme, Virginia Sherrill, divorce de lui le 26 mars 1935 au motif de violences conjugales. Ils s'étaient mariés le 10 février 1934.

En 1942, il épouse la très riche et mondaine Barbara Hutton et devient une figure paternelle pour son fils, Lance Reventlow, qui trouvera la mort dans un accident d'avion. Le couple est ironiquement surnommé "Cash and Cary," même si dans un accord prénuptial, l'acteur a refusé tout arrangement financier en cas de divorce. Celui ci survient en 1945, mais ils resteront des amis toute leur vie. Grant a toujours réfuté l'accusation d'un mariage d'argent. Il a dit avec son humour typique, « je peux m'être marié pour de très bonnes raisons, mais l'argent n'a jamais été l'une d'elles. »

Sa troisième femme est l'actrice Betsy Drake, qu'il épouse le 25 décembre 1949. Ils partagent l'affiche de deux films ensemble. S'avérant le mariage le plus durable, il s'achèvera le 14 août 1962.

Son quatrième mariage, à l'actrice Dyan Cannon, de trente-trois ans sa cadette, a lieu le 22 juillet 1965 à Las Vegas. Le mariage est suivi de la naissance prématurée de son unique enfant, Jennifer Grant, le 26 février 1966 alors que l'acteur a déjà 62 ans. Il l'appelle souvent "ma meilleure production", et regrette même de n'avoir pas eu d'enfant plus tôt. Le mariage est malheureusement voué à l'échec dès le début et Cannon le quitte en décembre 1966, déclarant que Grant partait souvent dans des rages soudaines et la battait quand elle lui "désobéissait". Le divorce, finalisé en 1968 est amère et public, et la bataille pour la garde de leur fille durera dix ans.


Le 11 avril 1981, Grant épouse sa compagne de longue date, Barbara Harris, qui a quarante sept ans de moins que lui. Elle restera à ses côtés jusqu'à sa mort.

 

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1931 La nuit est belle de Frank Tuttle
1932 Singapore Sue de Casey Robinson
Sinners in the sun de Alexander Hall
Merrily we go to hell / Merrily we go to… de Dorothy Arzner
Le démon sous-marin de Marion Gering
Vénus blonde de Josef von Sternberg
Hot Saturday de William A. Seiter
Madame Butterfly de Marion Gering
1933 Celle qu’on accuse de Paul Sloane
Lady Lou de Lowell Sherman
L’aigle et le faucon de Stuart Walker
Je ne suis pas un ange de Wesley Ruggles
Alice au pays des merveilles de Norman Z. McLeod
Gambling ship de Louis J. Gasnier & Max Marcin
1934 Princesse par intérim de Marion Gering
Born to be bad de Lowell Sherman
Kiss and make up de Harlan Thompson
Ladies should listen de Frank Tuttle
1935 Caprice de femme de Elliott Nugent
Wings in the dark de James Flood
Intelligence service de Charles Barton & Louis J. Gasnier
1936 Sylvia Scarlett de George Cukor
La chasse aux millions de Alfred Zeisler
Empreintes digitales de Raoul Walsh
Une belle blonde de George Fitzmaurice
Wedding present de Richard Wallace
1937 Sérénade / Le cœur en fête de Robert Riskin
Le couple invisible de Norman Z. McLeod
L’or et la femme de Rowland V. Lee
Cette sacrée vérité de Leo McCarey avec Irene Dunne
1938 L’impossible monsieur Bébé de Howard Hawks
Vacances / Vivent les vacances de George Cukor
1939 Gunga Din de George Stevens
Seuls les anges ont des ailes de Howard Hawks
L’autre de John Cromwell
1940 La dame du vendredi de Howard Hawks
Mon épouse favorite de Garson Kanin
L’arbre de la liberté de Frank Lloyd
Indiscrétions de George Cukor
1941 La chanson du passé de George Stevens
Soupçons de Alfred Hitchcock
1942 La justice des hommes de George Stevens
Lune de miel mouvementée de Leo McCarey
1943 Mr. Lucky de H.C. Potter
Destination Tokyo de Delmer Daves
1944 Etrange histoire de Alexander Hall
Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra
1945 Rien qu’un cœur solitaire de Clifford Odets
Nuit et jour de Michael Curtiz
1946 Les enchaînés de Alfred Hitchcock
1947 Le célibataire et la jeune fille de Irving Reis
Honni soit qui mal y pense de Henry Koster
1948 Un million clés en main de H.C. Potter
La course aux maris de Don Hartman
1949 Allez coucher ailleurs de Howard Hawks
1950 Cas de conscience de Richard Brooks
1951 On murmure dans la ville de Joseph L. Mankiewicz
1952 Cette sacrée famille de Norman Taurog
Chérie je me sens rajeunir de Howard Hawks
1953 La femme rêvée de Sidney Sheldon
1955 La main au collet de Alfred Hitchcock
Orgueil et passion de Stanley Kramer
1956 Elle et lui de Leo McCarey
1957 Une sacrée bordée de Stanley Donen
La péniche du bonheur de Melville Shavelson
 Laurel d’Or de la meilleure interprétation masculine de comédie
1958 Indiscret de Stanley Donen
1959 La mort aux trousses de Alfred Hitchcock a
Opération jupons de Blake Edwards
 Laurel d’Or de la meilleure interprétation masculine de comédie
1960 Ailleurs l’herbe est plus verte de Stanley Donen
1962 Un soupçon de vison de Delbert Mann
Laurel d’Or de la meilleure interprétation masculine de comédie
1963 Charade de Stanley Donen
1964 Grand méchant loup appelle de Ralph Nelson
1965 Rien ne sert de courir de Charles Walters

 






 
Extrait de "Elle et lui"

 



Extrait de "La mort aux trousses"

 

 

 
Extrait de "Soupçons"

 

 

AFFICHES DE FILMS