PORTRAITS

"Il y avait deux Villeret. celui qui faisait rire, jouant les bêta plus malin qu'on ne le croit, les naïfs qui attirent les moqueries des bourgeois cyniques. Le con idéal. Et il y avait le provincial au grand coeur, celui qui sous sa corde sensible, et sans violoncelle, faisait pleurer dans les chaumières, avec moult mélo et nostalgie d'un temps (dé)passé". ECRAN NOIR.FR



 

 



 

SCENES DE FILMS


Malabar Princess

La soupe aux choux

Effroyables jardins



Vipère au poing

Robert et Robert

L'antidote

Les enfants du marais

L'été en pente douce

Le dîner de cons

Un crime au Paradis

Papy fait de la résistance

Les morfalous

BIOGRAPHIE

Jacques Villeret né Jacky Boufroura voit le jour le 6 février 1951 à Loches (Indre-et-Loire) d'une mère coiffeuse, Annette Bonin, et d'un père kabyle algérien, Ahmed Boufroura. Le couple divorcera alors que Jacques est âgé de 9 mois. Sa mère refait sa vie avec Raymond Villeret. ll connaît une enfance heureuse à Loches durant laquelle il prend conscience très tôt de son potentiel comique auprès de ses camarades de classe. Il nourrit ainsi le projet de devenir comédien.

Jacques en compagnie de sa petite soeur.

Ses études secondaires achevées, il passe par le Conservatoire de Tours, avant d'intégrer le Conservatoire national. Il y a notamment pour professeur Louis Seigner. Au début des années 1970, il enchaîne les comédies et les vaudevilles au sein de la Compagnie Marcelle Tassancourt ("Occupe toi d'Amélie", "Les fourberies de Scapin"...).

Ses débuts au cinéma sont marqués par la rencontre de deux réalisateurs qui lui resteront fidèles : Yves Boisset, qui l'engage pour interpréter un appelé de la guerre d'Algérie dans le drame "RAS" en 1972, et Claude Lelouch, qui le choisit pour une apparition dans "Toute une vie" (1974).

Ce même Claude Lelouch sert de révélateur au comédien en lui offrant deux rôles de premier plan dans "Le Bon et les méchants" en 1976, puis dans "Robert et Robert" qui lui vaut un César du Meilleur second rôle masculin en 1979. Fructueuse collaboration : les deux hommes travaillent ensemble sur neuf longs métrages. Alternant comédies d'auteur ("Rien ne va plus" de Jean-Michel Ribes, 1979) et films populaires ("Bête mais discipliné" de Claude Zidi, 1979), Jacques Villeret se construit une image de petit rond amusant et lunaire, assez éloignée de ce qu'il est dans la vie. Il confiera à ce sujet dans la presse : "Je suis perfectionniste au point d'en devenir obsessionnel. Faire du comique, c'est moyennement amusant : si je n'ai pas ce que je veux, si ça ne tombe pas au millimètre, je peux disjoncter et piquer des colères démesurées" (L'Express du 06/11/2003).

Il semble n'avoir aucune limite, acceptant d'aller vers le loufoque et la comédie lourde en extra-terrestre dans "La Soupe aux choux" en 1981 dont l'énorme succès le rend définitivement célèbre. Il n'hésite pas non plus à endosser la peau de personnages de Français moyens un peu bêtes, pleutre et timide dans "Circulez y'a rien à voir" de Patrice Leconte (1983), exubérant dans "Papy fait de la résistance" de Jean-Marie Poiré (1983), ou encore idiot du village dans "L'Eté en pente douce" de Gérard Krawczyck (1987). Jacques Villeret fait également de surprenantes apparitions dans des longs métrages plus hermétiques ("Prénom Carmen" de Jean-Luc Godard, 1983). Star en puissance, il apparaît alors dans des spots de publicité (les biscuits "Petits Cœurs").

L'acteur n'abandonne pas les planches et monte plusieurs one man show, à l'image de "La Contrebasse" tirée de l'oeuvre de Patrick Süskind en 1990 où le comédien n'a que son instrument de musique pour interlocuteur.

Sa carrière pâtit de dépressions cycliques qui le poussent vers l'alcool et qui le contraignent parfois à annuler des représentations théâtrales. Après un petit passage à vide cinématographique au milieu des années 90, le comédien revient en fanfare avec "Le Dîner de cons", qu'il avait joué précédemment au théâtre, et dont le triomphe relance sa carrière avec en prime un César du meilleur acteur en 1999.

"Le diner de cons", version théâtrale en compagnie de Claude Brasseur.
Récompensé par le César du Meilleur Acteur en 1999 en compagnie de Daniel Prévost (Oscar du Meilleur Second Rôle)

Très sollicité, il laisse percer de plus en plus son talent dramatique à l'occasion de films tels que "Les Enfants du marais" de Jean Becker (1999). Ce réalisateur le dirigera à nouveau sur "Un Crime au paradis" (2001) et "Effroyables jardins" (2003). Jacques Villeret enchaîne les succès ("Malabar Princess" et "Vipère au poing" en 2004, "Iznogoud" en 2005), jusqu'aux tournages des "Ames grises" d'Yves Angelo et de "Les Parrains" de Frédéric Forestier, son ultime long métrage.

Côté vie privée, il épouse Irina Tarassov, comédienne et auteur, le 26 décembre 1979 après deux ans de vie commune. Ils ont un fils, Alexandre, aujourd'hui musicien et réalisateur. Il se séparent en 1998. Il rencontre ensuite Seny qui peu de temps avant sa mort s'apprêtait à quitter Lille pour vivre avec lui à Paris.

Jacques en compagnie de sa dernière compagne, Seny.

Pris d'un malaise alors qu'il se trouve dans sa maison de campagne près d'Evreux, en compagnie d'invités, l'acteur est hospitalisé dans l'hôpital de la ville où il décède d'une hémorragie interne le 28 janvier 2005, à l'âge de 53 ans. Il sera enterré à Perrusson, auprès de sa grand-mère maternelle qui fut, pour lui, la personne de sa famille la plus proche de lui.

Jacques Villeret était chevalier de la légion d'honneur.

 

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

Les Parrains (2004), de Frédéric Forestier
Les Ames grises (2004), de Yves Angelo
L'Antidote (2004), de Vincent de Brus
Iznogoud (2004), de Patrick Braoudé
Vipère au poing (2003), de Philippe de Broca
Malabar Princess (2003), de Gilles Legrand
Le Furet (2003), de Jean-Pierre Mocky
Effroyables jardins (2002), de Jean Becker
Un aller simple (2000), de Laurent Heynemann
Un crime au paradis (2000), de Jean Becker
Les Acteurs (1999), de Bertrand Blier
Les Enfants du marais (1998), de Jean Becker
Mookie (1998), de Hervé Palud
Le Dîner de cons (1997), de Francis Veber
Golden boy (1995), de Jean-Pierre Vergne
Parano (1994), de Yann Piquer
La Montre, la croix et la manière (1991), de Ben Lewin (II)
Le Bal des casse-pieds (1991), de Yves Robert
588, rue Paradis (1991), de Henri Verneuil
Mayrig (1991), de Henri Verneuil
Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück (1991), de
Le Batteur du bolero (1991), de Patrice Leconte
Le Fils du Mékong (1991), de François Leterrier
Trois années (1990), de Fabrice Cazeneuve
Mangeclous (1988), de Moshe Mizrahi
La Petite amie (1988), de Luc Béraud
L'Eté en pente douce (1987), de Gérard Krawczyk
Dernier été à Tanger (1987), de Alexandre Arcady
Soigne ta droite (1987), de Jean-Luc Godard
Sale Temps (1987), de Alain Pigeaux
Les Frères Pétard (1986), de Hervé Palud
Black Mic Mac (1986), de Thomas Gilou
La Galette du roi (1985), de Jean-Michel Ribes
Hold-Up (1985), de Alexandre Arcady
Les Morfalous (1984), de Henri Verneuil
Les Folles Annees du twist (1984), de Mahmoud Zemmouri
Drôle de samedi (1983), de Bay Okan
Prénom Carmen (1983), de Jean-Luc Godard
Garçon ! (1983), de Claude Sautet
Papy fait de la résistance (1983), de Jean-Marie Poiré
Circulez y'a rien à voir (1983), de Patrice Leconte
Edith et Marcel (1982), de Claude Lelouch
Effraction (1982), de Daniel Duval
Le Grand Frère (1982), de Francis Girod
Danton (1982), de Andrzej Wajda
La Soupe aux choux (1981), de Jean Girault
Les Uns et les autres (1980), de Claude Lelouch
Malevil (1980), de Christian de Chalonge
Rien ne va plus (1979), de Jean-Michel Ribes
Bête mais discipliné (1979), de Claude Zidi
A nous deux (1979), de Claude Lelouch
Mais ou est donc Ornicar? (1979), de Bertrand van Effenterre
Un coup de rasoir (TV) (1979), de Pascal Thomas
Je te tiens, tu me tiens par la barbichette (1978), de Jean Yanne
Molière (1978), de Ariane Mnouchkine
Robert et Robert (1978), de Claude Lelouch
Le Passe-montagne (1978), de Jean-François Stévenin
Confidences pour confidences (1978), de Pascal Thomas
Mon premier amour (1978), de Elie Chouraqui
Mais ou et donc Ornicar (1978), de Bertrand van Effenterre
Un balcon en forêt (1978), de Michel Mitrani
Un autre homme, une autre chance (1977), de Claude Lelouch
Si c'était à refaire (1976), de Claude Lelouch
Nono Nénesse (1976), de Jacques Rozier
Le Bon et les méchants (1975), de Claude Lelouch
Dupont Lajoie (1975), de Yves Boisset
Les Naufragés de l'ile de la Tortue (1974), de Jacques Rozier
La Gueule ouverte (1974), de Maurice Pialat
Toute une vie (1974), de Claude Lelouch
Sérieux comme le plaisir (1974), de Robert Benayoun
La Choisie (1974), de Gérard Mordillat
Un amour de pluie (1973), de Jean-Claude Brialy
R.A.S. (1972), de Yves Boisset

 

 

 


Extrait de "La soupe aux choux".

 


Extrait des "enfants du marais".




Extrait de "Un crime au paradis".

 

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