PORTRAITS

"D'une grande beauté, Jean Marais a su imposer la singularité de son talent. Une voix étrange, une élégance racée, une manière de s'approprier facilement des personnages plus grands que nature... Et bien sûr, une aisance physique qui lui permit, notamment grâce aux films de cape et d'épée, de conquérir définitivement le coeur du grand public". STUDIO MAGAZINE.

"Un des derniers monstres sacrés du cinéma français. Jean Marais, star du Cape et d'épée, égérie de Cocteau, artiste aux multiples talents, avait réussi à traverser les époques en passant du cinéma au théâtre, de St Germain des Prés à l'arrière pays cannois. Comédien fait de prestance, au charisme indéniable, il était surtout un dandy élégant et beau, modèle de séduction, mannequin involontaire pour les grands couturiers. Il sera un pré-James Bond en collant et avec épées. Il avait La fougue de Belmondo dans les cascades, la beauté de Delon, l'ambiguïté de Huster, la répartie d'un Serrault, le comique distancié d'un Bourvil...". ECRAN NOIR.FR

 




SCENES DE FILMS


Le capitan

La belle et la bête

Peau d'âne


L'aigle à deux têtes

Le bossu

Orphee

L'éternel retour

Fantomas

Le miracle des loups

Eléna et les hommes

Le Comte de Monte Cristo

Le masque de fer


BIOGRAPHIE

Jean Alfred Villain-Marais est né le 11 décembre 1913 (à 13 heures) à Cherbourg. Quand ses parents se séparent, il vient avec sa mère et son frère Henri habiter Le Vésinet, dans la banlieue parisienne. Il est renvoyé successivement de plusieurs lycées, pour " turbulence et distraction".

Jean à quelques mois, en compagnie de sa mère, Rosalie.
Jean à l'âge de 17 ans.

Dès son enfance, il sait ce qu'il veut faire dans la vie : dessiner et jouer la comédie. Pour vivre, il fait divers petits métiers : retoucheur de photographie, cady de Golf... Il se présente chez Marcel l'Herbier, pour essayer d'obtenir un rôle au cinéma. Marcel l'Herbier l'aide en lui achetant un de ses tableaux à l'exposition des Indépendants, et lui fait faire un essai (avec Ève Francis) pour "Etienne", de Jean Tarride, d'après Jacques Deval. L'essai est un échec, mais Jean Marais y fait cependant de la figuration. Il se présente au Conservatoire, mais est refusé au concours d'entrée. Il décide donc de suivre les cours de Charles Dullin, en faisant de la figuration dans son théâtre pour les payer. Marcel l'Herbier lui procure également des petits rôles dans ses films ("L'épervier, le scandale", etc....).
Sa grande chance, c'est, en 1937, de faire la connaissance de Jean Cocteau. Il gagne (mal) sa vie chez Dullin, où il fait surtout les hallebardiers (jusqu'à quatre dans la même soirée). Une amie lui fait faire un essai pour " Oedipe-Roi ", de Cocteau, au théâtre. Essai concluant, même si c'est finalement Michel Vitold qui joue le rôle principal. Puis Cocteau lui propose de créer " Les chevaliers de la table ronde " à la place de Jean-Pierre Aumont, retenu par un film. C'est le succès. Il créera ensuite " les Parents Terribles ", toujours de Jean Cocteau. Une première tentative de " cinématographier " cette pièce échoue en 1939, puis c'est la mobilisation : les vrais débuts de Jean Marais au cinéma, dans un grand rôle, se feront en 1941 avec "Le pavillon brûle", de Jean de Baroncelli. La grande consécration au cinéma, Jean Marais la devra encore à Jean Cocteau, pour qui en 1943, Delannoy filmera le scénario de "L'éternel retour". Dès lors, Jean Marais ne cesse plus de tourner.

Le jeune homme ne manque pas de courage, comme le prouve cette anecdote qui aurait pu devenir un fait divers tragique : rencontrant le journaliste et collaborateur Alain Laubreaux, qui venait d'éreinter la pièce de Cocteau "La Machine à Ecrire" sans même l'avoir vue, il n'hésite pas à casser la figure à cet agent de la Gestapo ! Mais la guerre continue... A la Libération, le jeune homme la termine dans la 2°DB du général Leclerc, ce qui lui vaut la Croix de Guerre.

Jean Marais à l'époque de sa mobilisation pendant la seconde guerre mondiale.

Malgré la critique fréquente de ses relations homosexuelles avec Jean Cocteau, Jean Marais s'est réellement épanoui en tant qu'acteur dans les films de son amant tels que "La belle et la bête" (1945) réalisé en 1946, ou "Orphée "(1949). Grâce à lui, Jean Marais devient l'une des personnalités du cinéma français les plus populaires de l'après-guerre, et les plus grands réalisateurs du pays le réclament. Les deux amants resteront cependant professionnellement et personnellement proches jusqu'à la mort de Jean Cocteau en 1963. La disparition de son compagnon affecte profondément Jean Marais, qui écrira plus tard qu'une grande partie de lui-même était morte ce jour-là, le laissant comme une ombre de lui-même.

En compagnie de Jean Cocteau et son chien Moulouk.
Jean Marais parle de Jean Cocteau.

Après 1950, Jean Marais va donner au public l'image d'un jeune premier sportif, sachant manier l'épée et monter à cheval. Il est volontiers cascadeur, et a la réputation de ne jamais se faire doubler pour les scènes dangereuses. Il sera successivement l'interprète des personnages les plus célèbres de la littérature populaire : Edmond Dantès dans "Le comte de Monté Cristo", "Le bossu" d'après Paul Féval, "Le Capitan", "le Capitaine Fracasse", "Stanislas", "Fantomas" et même "le Saint". Mais les plus grands cinéastes continuent à faire appel à lui : G.W. Pabst pour "La maison du silence", Sacha Guitry à plusieurs reprises, Jean Renoir pour "Elena et les hommes" (où il sera le Général Boulanger), Visconti pour "Les nuits blanches"et Jean Cocteau pour son dernier film, "Le testament d'Orphée".
Après "Peau d'Ane", en 1970, il prend une semi-retraite. Il peint, écrit ses mémoires ("Mes quatres Vérités, Histoires de ma vie"), enregistre des chansons.
Puis il revient au théâtre, montant, pour l'anniversaire de Cocteau, "Cocteau-Marais"; il est Don Diegue dans "Le Cid" de Corneille mis en scène par Francis Huster ; il donne la réplique à Edwige Feuillère dans "La maison du lac" et, en 1988, met en scène et interprète "Bacchus" de Cocteau.
Le cinéma le sollicite à nouveau : il est le dieu des Enfers dans "Parking" et un vieux clochard solitaire dans "Lien de parenté".

Egalement peintre, céramiste, décorateur, Jean Marais possède comme Jean Cocteau un talent de touche-à-tout. Peu de temps avant sa mort, Il a exposé plusieurs de ses oeuvres dans une galerie de Cannes.

A la fin de sa vie, Jean Marais vivait retranché 
à Vallauris pour s'adonner aux joies de la sculpture.
A Nice, lors de l'exposition de ses céramiques et poteries, dédicaçant son "Histoire de ma vie".
Chez lui, à Cabris, avec un portrait qu'il vient d'achever.

Président de l'Union des artistes depuis 1974, cet éternel jeune homme est officier de la Légion d'honneur et commandeur des Arts et Lettres.
En 1993, l'Académie des Césars lui a remis un "César d'Honneur" pour l'ensemble de sa carrière.

Côté vie privée, hormis son histoire avec Jean Cocteau, il a failli épouser Mila Parély, actrice, à la demande de son Pygmalion, et a un fils adoptif, Serge.

L'actrice Mila Parély, trés éprise de Jean, qu'il a falli épouser.
Jean Marais et son fils Serge qu'il a adopté au début des années 60.

Il est décédé le 8 novembre 1998 à Cannes, à un mois de l'anniversaire de ses 85 ans, d'une crise cardiaque des suites d'une maladie des poumons.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1933 ÉTIENNE (Jean Tarride)
1933 L'ÉPERVIER (Marcel l'Herbier)
1933 DANS LES RUES (Victor Trivas).
1934 LE SCANDALE (Marcel l'Herbier)
1934 L'AVENTURIER (Marcel l'Herbier).
1935 LE BONHEUR (Marcel l'Herbier).
1936 LES HOMMES NOUVEAUX (Marcel l'Herbier).
1937 NUITS DE FEU (Marcel l'Herbier)
1937 ABUS DE CONFIANCE (Henri Decoin).
1941 LE PAVILLON BRULE (Jacques de Baroncelli).
1942 LE LIT A COLONNES (Roland Tua
1942 CARMEN (Christian-Jaque).
1943 L'ÉTERNEL RETOUR (Jean Delannoy)
1943 VOYAGE SANS ESPOIR (Christian-Jaque).
1945 LA BELLE ET LA BETE (Jean Cocteau et René Clément).
1946 LES CHOUANS (Henri Calef).
1947 RUY BLAS (Pierre Billon)
1947 L'AIGLE A DEUX TETES (Jean Cocteau).
1948 AUX YEUX DU SOUVENIR (Jean Delannoy)
1948 LES PARENTS TERRIBLES (Jean Cocteau)
1948 LE SECRET DE MAYERLING (Jean Delannoy).
1949 ORPHÉE (Jean Cocteau).
1950 LE CHATEAU DE VERRE (René Clément)
1950 LES MIRACLES N'ONT LIEU QU'UNE FOIS (Yves Allégret).
1951 NEZ DE CUIR (Yves Allégret).
1952 LA MAISON DU SILENCE (G.W. Pabst)
1952 L'APPEL DU DESTIN (Georges Lacombe)
1952 LES AMANTS DE MINUIT (Roger Richebé)
1952 DORTOIR DES GRANDES (H. Decoin).
1953 JULIETTA (Marc Allégret)
1953 LE GUÉRISSEUR (Yves Ciampi)
1953 SI VERSAILLES M'ÉTAIT CONTÉ (Sacha Guitry)
1953 LE COMTE DE MONTE CRISTO (Robert Vernay).
1954 FUTURES VEDETTES (Marc Allégret)
1954 NAPOLÉON (Sacha Guitry).
1955 GOUBBIAH (Robert Darène)
1955 TOUTE LA VILLE ACCUSE (Claude Boissol)
1955 ÉLÉNA ET LES HOMMES (Jean Renoir)
1955 SI PARIS NOUS ÉTAIT CONTÉ (Sacha Guitry).
1956 TYPHON SUR NAGASAKI (Y. Ciampi).
1957 SOS NORONHA (Georges Rouquier)
1957 UN AMOUR DE POCHE (Pierre Kast)
1957 LA VIE A DEUX (Clément Duhour)
1957 LA TOUR, PRENDS GARDE (G.Lampin).
1958 CHAQUE JOUR A SON SECRET (Claude Boissol)
1958 LES NUITS BLANCHES (Luchino Visconti).
1959 LE BOSSU (André Hunebelle)
1959 AUSTERLITZ (Abel Gance).
1960 LE CAPITAN (André Hunebelle)
1960 LE TESTAMENT D'ORPHÉE (J.Cocteau).
1961 LE CAPITAINE FRACASSE (Pierre Gaspard-Huit)
1961 LA PRINCESSE DE CLÈVES (Jean Delannoy)
1961 PONCE PILATE (Irving Rapper et G. Callegari)
1961 LE MIRACLE DES LOUPS (André Hunebelle)
1961 NAPOLÉON II, L'AIGLON (Claude Boissol)
1961 LENLÈVEMENT DES SABINES (Richard Pottier).
1962 LE MASQUE DE FER (Henri Decoin)
1962 LES MYSTÈRES DE PARIS (André Hunebelle).
1963 L'HONORABLE STANISLAS, AGENT SECRET (J.-Ch. Dudrumet).
1964 PATATE (Robert Thomas)
1964 FANTOMAS (André Hunebelle)
1964 LE GENTLEMAN DE COCODY (Christian-Jaque).
1965 PLEINS FEUX SUR STANISLAS (J.-Ch; Dudrumet)
1965 TRAIN D'ENFER (Gilles Grangier)
1965 FANTOMAS SE DÉCHAINE (André Hunebelle).
1966 LE SAINT PREND L'AFFUT (Christian-Jaque)
1966 SEPT HOMMES ET UNE GARCE (Bernard Borderie)
1966 FANTOMAS CONTRE SCOTLAND YARD (André Hunebelle).
1968 LE PARIA (Claude Carliez).
1969 LA PROVOCATION (A. Charpak).
1970 PEAU D'ANE (Jacques Demy).
1985 PARKING (Jacques Demy).
1986 LIEN DE PARENTE (Willy Rameau).
1992 LES ENFANTS DU NAUFRAGEUR (Jérôme Foulon).
1995 LES MISERABLES (Claude Lelouch).
1996 BEAUTE VOLEE (Bernardo Bertolucci).

 

 

 

 


Extrait de "Fantomas".


Extrait du "Capitan".

 
Extrait du "Comte de Monte Cristo".

 

 

 

 

 

AFFICHES DE FILMS