"Impossible aujourd'hui encore de dissocier l'image de l'acteur, tellement proche et fraternel, de celle du chanteur à succés, incroyablement doué. Chacune de ses carrières a nourri l'autre de son expérience, de ses réussites et de sa légende. Un destin romanesque pour un adulte au regard d'enfant. Et si le trait d'union entre tout ça était tout simplement l'humanité ?". STUDIO MAGAZINE
SCENES DE FILMS
De son vrai nom Ivo Livi, il est né dans le village toscan de Monsummano, en Italie, le 13 octobre 1921. Son père, Giovanni Livi, militant communiste ayant fuit en 1921 le régime fasciste italien et sa mère Giuseppina, sont installés à Marseille dans le sud de la France. Il a deux frères ainés : Lydia et Giuliano. En 1929, la famille Livi obtient la nationalité française. Les deux aînés sont rapidement retirés de l'école pour pouvoir travailler et participer aux revenus modestes de la famille.. Ivo est donc le petit dernier que son père encourage à étudier mais celui-ci n'apprécie pas particulièrement l'école. A l'âge de onze ans, il quitte l'école et entre à l'usine. Puis à 14 ans, il rejoint le salon de coiffure que sa soeur a monté et qui marche très bien. Il passe son CAP de coiffeur avec succès. Au printemps 1941, sa carrière redémarre enfin pour ne plus jamais s'interrompre. Le régisseur qui l'avait embauché la première fois lui organise une tournée dans la région. En même temps, Montand commence à prendre des cours de danse. Changeant par la suite d'impresario, il fait de plus en plus de galas et accumule par la même occasion les conquêtes féminines. En janvier 44, Montand échappe aux milices qui le cherchent pour l'envoyer au STO (Service du Travail Obligatoire). Il monte alors à Paris et fait ses premiers pas de parisien sur la scène de l'ABC en février. C'est une nouvelle fois le succès. Puis il fait Bobino, les Folies-Belleville, et le célèbre Moulin Rouge. Là, il passe en première partie d' Edith Piaf. D'abord réticente à l'arrivée de cet artiste marseillais, c'est ensuite le coup de foudre entre les deux personnages. Au contact de la célèbre chanteuse, Yves Montand apprend beaucoup en répétant chaque jour avec elle. Elle l'aide à donner corps au personnage de scène qui fera la célébrité de Montand à travers le monde. Elle lui procure aussi des romans et de la poésie pour que celui-ci puisse se forger une culture personnelle. Après le Moulin Rouge, ils partent tous les deux en tournée, comme un couple qu'ils forment désormais.
Yves Montand triomphe alors dans les music-halls. A l'automne 45, il passe en véritable vedette au théâtre de l'Etoile à Paris. Il chante entre autres "Battling Joe" et "Les Grands Boulevards". Au début de l'année 46, Edith Piaf rompt avec lui. Après des débuts difficiles au cinéma et des récitals sur la scène de l'ABC ou du cabaret Le Club des Cinq, Yves Montand renoue en 47 avec le théâtre de l'Etoile durant six semaines. La rencontre avec un pianiste du nom de Bob Castella est déterminante. Celui-ci restera son musicien attitré jusqu'à la fin de sa vie. En 48, un ami l'emmène à Saint-Paul-de-Vence en Provence et lui fait rencontrer Jacques Prévert. Le chanteur admire beaucoup le poète. Il glisse même "Les Feuilles Mortes" dans son nouveau tour de chant.
En août 49, il rencontre l'actrice Simone Signoret à Saint-Paul-de-Vence. Elle divorce en 1950 du réalisateur Marc Allégret avec qui elle a eu une fille, Catherine. Elle s'installe chez Yves Montand, place Dauphine à Paris. En 1951, ils se marient et deviennent le couple légendaire du monde du spectacle en France. C'est Henri-Georges Clouzot qui lui donne réellement sa chance au cinéma avec un film intitulé "Le Salaire de la peur" en 1952. Montand affirme son jeu de comédien et le film reçoit le Grand Prix du Festival de Cannes l'année suivante. En 1954,le couple Montand/Signoret joue dans la pièce de l'écrivain Arthur Miller, "Les Sorcières de Salem". Le succès est tel que les représentations durent jusqu'à Noël 1955. Début 1957, il se rend en Pologne, puis dans toute l'Europe de l'Est. Le succès est prodigieux, sa notoriété immense et les manifestations d'amitié nombreuses. A son retour en France, il prend néanmoins de la distance par rapport à son engagement politique. Peu populaire aux Etats-Unis à cause de ses opinions politiques, il est sollicité par un agent américain pour une série de récitals à New York. La première a lieu le 21 septembre 59. Le spectacle est le même qu'à Paris. C'est un véritable succès, qui permet au show de continuer. Les critiques sont unanimes. A cette occasion, le chanteur et Simone rencontrent Arthur Miller et sa femme Marilyn Monroe. Yves Montand part ensuite pour Hollywood et San Francisco, rejoint la France pour les fêtes de fin d'année, et repart au Japon pour une série de récitals à Tokyo et Osaka.
Yves Montand repart pour les Etats-Unis en octobre 61. Il est la vedette durant 8 semaines du Golden Theatre sur Broadway à New York. La tournée qui suit, l'emmène au Japon puis en Angleterre. Il est devenu un des artistes de music-hall les plus connus à travers la planète. En 62, il fait sa rentrée à Paris, fidèle au théâtre de l'Etoile. Le récital a lieu jusqu'en 63. Mais l'appel du cinéma étant le plus fort, il ne reprendra son activité scénique que très rarement. "Compartiment tueur" sort en 64. Cette première collaboration avec le cinéaste Costa Gavras marque un tournant dans sa carrière. Ses priorités vont désormais au 7ème Art. Il tourne ensuite "La guerre est finie" d'Alain Resnais (66), "Paris brûle t'il ?" de René Clément (67) et "Z" de Costa Gavras (68). Son ami Costa Gavras lui donne le rôle d'Arthur London dans "L'Aveu". Le film sort en avril 70. Tous reconnaissent l'immense talent de l'acteur et son investissement personnel dans cette oeuvre. Durant la décennie qui suit, il alterne films graves et comédies comme "La folie des Grandeurs " de Gérard Oury avec Louis de Funès en 1971. Il tourne avec les grands réalisateurs français comme Claude Sautet pour "César et Rosalie" en 1972. Un récital au profit des victimes du régime dictatorial au Chili, donné en 74, est la seule parenthèse musicale que fait Yves Montand durant les années 70. Son grand retour sur scène s'effectue du 7 octobre 81 au 3 janvier 82. L'Olympia est pris d'assaut. Sous la pression, il recommence du 20 juillet au 14 août 82. Il crée à cette occasion "Les Bijoux" sur un poème de Charles Baudelaire.
Dans les années 80, il devient militant des droits de l'Homme, et signe un appel en faveur du syndicat polonais Solidarnosc en décembre 81. En 83, il dénonce avec Simone Signoret et d'autres artistes la montée du parti d'extrême-droite français, le Front National. D'année en année, il devient un homme public voire politique. En septembre 85, Simone Signoret, la femme de sa vie disparaît à l'âge de 64 ans. Yves Montand a une liaison avec son assistante, Carole Amiel qui a été recrutée pour la tournée de 82. Alors qu'il tourne "Manon des Sources" il devient père pour la première fois de sa vie. Le 31 décembre 88 naît le jeune Valentin Montand.
Dorénavant Yves Montand vit paisiblement avec sa famille à Autheuil. Il envisage même de remonter sur scène dans la plus grande salle parisienne, le Palais Omnisport de Bercy. Alors qu'il termine le tournage d'"IP5" de Jean-Jacques Beineix, film dans lequel son personnage décède d'un arrêt cardiaque, Montand est victime d'un infarctus du myocarde et s'éteint le 9 novembre 1991 à 67 ans dans une clinique de Senlis (Oise). Il préparait un nouveau spectacle au POPB de Paris, dédié à son jeune fils de trois ans Enterré au cimetière du Père Lachaise, auprès de Simone Signoret, Il est exhumé en novembre 1997, Aurore Drossart prétendant depuis quelques années être la fille illégitime de l'acteur, et ayant demandé que la cour d'appel de Paris fasse exécuter une expertise comparative de l'ADN, qui s'avère négative.
Durant sa carrière cinématographique, il a obtenu
deux "Césars du meilleur acteur" pour les films "I comme Icare" et "Garçon ! "
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