PORTRAITS

"Impossible aujourd'hui encore de dissocier l'image de l'acteur, tellement proche et fraternel, de celle du chanteur à succés, incroyablement doué. Chacune de ses carrières a nourri l'autre de son expérience, de ses réussites et de sa légende. Un destin romanesque pour un adulte au regard d'enfant. Et si le trait d'union entre tout ça était tout simplement l'humanité ?". STUDIO MAGAZINE

 




 

SCENES DE FILMS


Tout feu tout flamme

César et Rosalie


Le salaire de la peur



Le milliardaire

La guerre est finie

Garçon !


Jean de Florette


Le sauvage

Z

La folie des grandeurs

Police python 357

Le choix des armes


BIOGRAPHIE

De son vrai nom Ivo Livi, il est né dans le village toscan de Monsummano, en Italie, le 13 octobre 1921. Son père, Giovanni Livi, militant communiste ayant fuit en 1921 le régime fasciste italien et sa mère Giuseppina, sont installés à Marseille dans le sud de la France. Il a deux frères ainés : Lydia et Giuliano. En 1929, la famille Livi obtient la nationalité française. Les deux aînés sont rapidement retirés de l'école pour pouvoir travailler et participer aux revenus modestes de la famille.. Ivo est donc le petit dernier que son père encourage à étudier mais celui-ci n'apprécie pas particulièrement l'école.

A l'âge de onze ans, il quitte l'école et entre à l'usine. Puis à 14 ans, il rejoint le salon de coiffure que sa soeur a monté et qui marche très bien. Il passe son CAP de coiffeur avec succès.
Passionné de cinéma, c'est Fred Astaire et ses numéros de claquettes qui fascinent le jeune Ivo. En 1938, il accepte la proposition d'un régisseur de music-hall qui cherche quelqu'un pour mettre de l'ambiance dans ses spectacles. Après trois semaines de répétitions acharnées et un changement de nom en Yves Montand (enfant, lorsqu'il jouait dans la rue, sa mère Giuseppina le hélait par la fenêtre: "Ivo! Monta!"), il passe sur scène devant un public qui applaudit à tout rompre. Fort de ce succés, Il continue à se produire dans de petites salles de Marseille. Et le 21 juin 1939, il fait sa première grande scène à l'Alcazar, véritable institution du tout Marseille, où il chante sa première chanson originale "Dans les plaines du Far West". Malheureusement, la Deuxième Guerre mondiale survient et Yves Montand se retrouve manoeuvre aux Chantiers de Provence. 

Au printemps 1941, sa carrière redémarre enfin pour ne plus jamais s'interrompre. Le régisseur qui l'avait embauché la première fois lui organise une tournée dans la région. En même temps, Montand commence à prendre des cours de danse. Changeant par la suite d'impresario, il fait de plus en plus de galas et accumule par la même occasion les conquêtes féminines. En janvier 44, Montand échappe aux milices qui le cherchent pour l'envoyer au STO (Service du Travail Obligatoire). Il monte alors à Paris et fait ses premiers pas de parisien sur la scène de l'ABC en février. C'est une nouvelle fois le succès. Puis il fait Bobino, les Folies-Belleville, et le célèbre Moulin Rouge. Là, il passe en première partie d' Edith Piaf. D'abord réticente à l'arrivée de cet artiste marseillais, c'est ensuite le coup de foudre entre les deux personnages. Au contact de la célèbre chanteuse, Yves Montand apprend beaucoup en répétant chaque jour avec elle. Elle l'aide à donner corps au personnage de scène qui fera la célébrité de Montand à travers le monde. Elle lui procure aussi des romans et de la poésie pour que celui-ci puisse se forger une culture personnelle. Après le Moulin Rouge, ils partent tous les deux en tournée, comme un couple qu'ils forment désormais.  


En compagnie d'Edith Piaf avec qui il a eu une brève liaison.

Yves Montand triomphe alors dans les music-halls. A l'automne 45, il passe en véritable vedette au théâtre de l'Etoile à Paris. Il chante entre autres "Battling Joe" et "Les Grands Boulevards". Au début de l'année 46, Edith Piaf rompt avec lui.

Après des débuts difficiles au cinéma et des récitals sur la scène de l'ABC ou du cabaret Le Club des Cinq, Yves Montand renoue en 47 avec le théâtre de l'Etoile durant six semaines. La rencontre avec un pianiste du nom de Bob Castella est déterminante. Celui-ci restera son musicien attitré jusqu'à la fin de sa vie.  En 48, un ami l'emmène à Saint-Paul-de-Vence en Provence et lui fait rencontrer Jacques Prévert. Le chanteur admire beaucoup le poète. Il glisse même "Les Feuilles Mortes" dans son nouveau tour de chant.


En compagnie de Simone Signoret avec qui il a formé un couple de légende.
Yves Montand au temps des "feuilles mortes".

En août 49, il rencontre l'actrice Simone Signoret à Saint-Paul-de-Vence. Elle divorce en 1950 du réalisateur Marc Allégret avec qui elle a eu une fille, Catherine. Elle s'installe chez Yves Montand, place Dauphine à Paris. En 1951, ils se marient et deviennent le couple légendaire du monde du spectacle en France.  

En mai 1950, Montand signe l"Appel de Stockholm" contre l'utilisation de l'arme atomique. Cette campagne d'opinion est menée par l'Union Soviétique. A partir de ce moment, Montand, de tradition familiale communiste, figure sur les listes de pétition du PCF. Avec Simone Signoret, ils sont catalogués compagnons de route du parti. En mars 51, Montand retrouve le théâtre de l'Etoile pour son premier "one-man show" intégral.

C'est Henri-Georges Clouzot qui lui donne réellement sa chance au cinéma avec un film intitulé "Le Salaire de la peur" en 1952. Montand affirme son jeu de comédien et le film reçoit le Grand Prix du Festival de Cannes l'année suivante. 

En 1954,le couple Montand/Signoret joue dans la pièce de l'écrivain Arthur Miller, "Les Sorcières de Salem". Le succès est tel que les représentations durent jusqu'à Noël 1955.

Début 1957, il se rend en Pologne, puis dans toute l'Europe de l'Est. Le succès est prodigieux, sa notoriété immense et les manifestations d'amitié nombreuses. A son retour en France, il prend néanmoins de la distance par rapport à son engagement politique. 

Peu populaire aux Etats-Unis à cause de ses opinions politiques, il est sollicité par un agent américain pour une série de récitals à New York. La première a lieu le 21 septembre 59. Le spectacle est le même qu'à Paris. C'est un véritable succès, qui permet au show de continuer. Les critiques sont unanimes. A cette occasion, le chanteur et Simone rencontrent Arthur Miller et sa femme Marilyn Monroe. Yves Montand part ensuite pour Hollywood et San Francisco, rejoint la France pour les fêtes de fin d'année, et repart au Japon pour une série de récitals à Tokyo et Osaka.
Ayant atteint le statut de vedette internationale, on lui propose de tourner à Hollywood dans un film avec Marilyn Monroe. Le tournage du "Milliardaire" a donc lieu en février 60. Une idylle naît entre eux remettant momentanément en cause la relation de confiance qui s'était instaurée entre le chanteur et Simone Signoret. Les journaux du monde entier s'emparent de "l'affaire". En fin de compte, à la fin du tournage, Yves Montand rentre en France auprès de son épouse. La "love story" a duré le temps du tournage...


En compagnie de Marilyn Monroe avec qui il a eu une brève idylle.

Yves Montand repart pour les Etats-Unis en octobre 61. Il est la vedette durant 8 semaines du Golden Theatre sur Broadway à New York. La tournée qui suit, l'emmène au Japon puis en Angleterre. Il est devenu un des artistes de music-hall les plus connus à travers la planète. En 62, il fait sa rentrée à Paris, fidèle au théâtre de l'Etoile. Le récital a lieu jusqu'en 63.  

Mais l'appel du cinéma étant le plus fort, il ne reprendra son activité scénique que très rarement. "Compartiment tueur" sort en 64. Cette première collaboration avec le cinéaste Costa Gavras marque un tournant dans sa carrière. Ses priorités vont désormais au 7ème Art. Il tourne ensuite "La guerre est finie" d'Alain Resnais (66), "Paris brûle t'il ?" de René Clément (67) et "Z" de Costa Gavras (68). 

Son ami Costa Gavras lui donne le rôle d'Arthur London dans "L'Aveu". Le film sort en avril 70. Tous reconnaissent l'immense talent de l'acteur et son investissement personnel dans cette oeuvre. Durant la décennie qui suit, il alterne films graves et comédies comme "La folie des Grandeurs " de Gérard Oury avec Louis de Funès en 1971. Il tourne avec les grands réalisateurs français comme Claude Sautet pour "César et Rosalie" en 1972.  

Un récital au profit des victimes du régime dictatorial au Chili, donné en 74, est la seule parenthèse musicale que fait Yves Montand durant les années 70. Son grand retour sur scène s'effectue du 7 octobre 81 au 3 janvier 82. L'Olympia est pris d'assaut. Sous la pression, il recommence du 20 juillet au 14 août 82. Il crée à cette occasion "Les Bijoux" sur un poème de Charles Baudelaire.


Yves Montand chanteur lors de sa tournée à l'Olympia en 81/82.

Dans les années 80, il devient militant des droits de l'Homme, et signe un appel en faveur du syndicat polonais Solidarnosc en décembre 81. En 83, il dénonce avec Simone Signoret et d'autres artistes la montée du parti d'extrême-droite français, le Front National. D'année en année, il devient un homme public voire politique.

En septembre 85, Simone Signoret, la femme de sa vie disparaît à l'âge de 64 ans.

Yves Montand a une liaison avec son assistante, Carole Amiel qui a été recrutée pour la tournée de 82. Alors qu'il tourne "Manon des Sources" il devient père pour la première fois de sa vie. Le 31 décembre 88 naît le jeune Valentin Montand. 


Montand et sa dernière compagne, Carole Amiel, la mère de son fils unique Valentin.

Avec son fils Valentin alors âgé de 3 ans.

Dorénavant Yves Montand vit paisiblement avec sa famille à Autheuil. Il envisage même de remonter sur scène dans la plus grande salle parisienne, le Palais Omnisport de Bercy. Alors qu'il termine le tournage d'"IP5" de Jean-Jacques Beineix, film dans lequel son personnage décède d'un arrêt cardiaque, Montand est victime d'un infarctus du myocarde et s'éteint le 9 novembre 1991 à 67 ans dans une clinique de Senlis (Oise). Il préparait un nouveau spectacle au POPB de Paris, dédié à son jeune fils de trois ans

Enterré au cimetière du Père Lachaise, auprès de Simone Signoret, Il est exhumé en novembre 1997, Aurore Drossart prétendant depuis quelques années être la fille illégitime de l'acteur, et ayant demandé que la cour d'appel de Paris fasse exécuter une expertise comparative de l'ADN, qui s'avère négative.

Aurore Drossart.

Durant sa carrière cinématographique, il a obtenu deux "Césars du meilleur acteur" pour les films "I comme Icare" et "Garçon ! "

FILMOGRAPHIE SELECTIVE

1945 L'étoile sans lumière de Marcel Blistène
1946 Les Portes de la Nuit de Marcel Carné
1947 L'idole d'Alexandre Esway
1950 Souvenirs perdus de Christian-Jaque
1950 Paris chante toujours de Pierre Montazel
1952 Paris sera toujours Paris de Luciano Emmer
1953 Le salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot
1954 Quelques pas dans la vie d'Alessandro Blasetti
1955 Napoléon de Sacha Guitry
1955 Les Héros sont fatigués de Yves Ciampi
1955 Marguerite de la nuit de Claude Autant-Lara
1956 Les sorcières de Salem de Raymond Rouleau
1956 Hommes et loups de Giuseppe de Santis
1957 Le premier mai de Luis Saslavsky
1958 Un dénommé Squarcio de Gillo Pontecorvo
1958 Le père et l'enfant
1958 La Loi de Jules Dassin
1960 Le Milliardaire de Georges Cukor
1961 Aimez-vous Brahms ? d'Anatole Litvak
1961 Ma geisha de Jack Cardiff
1962 Sanctuaire de Tony Richardson
1965 Compartiment tueurs de Costa-Gavras
1966 La guerre est finie d'Alain Resnais
1966 Paris brûle-t-il ? de René Clément
1966 Grand prix de John Frankenheimer
1967 Vivre pour vivre de Claude Lelouch
1968 Mister Freedom de William Klein
1968 Un soir un train d'André Delvaux
1968 Un diable par la queue de Philippe De Broca
1968 Z de Costa-Gavras
1970 L'aveu de Costa-Gavras
1970 Melinda de Vincente Minnelli
1970 Le cercle rouge de Jean-Pierre Melville
1971 La folie des grandeurs de Gérard Oury
1972 Tout va bien Jean-Luc Godard et J-P Gorin
1972 César et Rosalie de Claude Sautet
1973 Etat de siège de Costa-Gavras avec Jacques Weber
1973 Le Fils de Pierre Granier-Deferre
1973 Deuxième procès d'Artur London de Chris Marker
1973 Le hasard et la violence de Philippe Labro
1974 Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet
1975 Section spéciale de Costa Gavras
1975 Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau
1976 Police Python 357 d'Alain Corneau
1976 Le grand escogriffe de Claude Pinoteau
1977 La menace d'Alain Corneau
1978 Les routes du Sud de Joseph Losey
1979 Clair de femme de Costa-Gavras
1979 I comme Icare d'Henri Verneuil
1981 Le choix des armes d'Alain Corneau
1982 Tout feu tout flamme de Jean-Paul Rappeneau
1983 Garçon ! de Claude Sautet
1986 Jean de Florette de Claude Berri
1986 Manon des Sources de Claude Berri
1988 Trois places pour le 26 de Jacques Demy
1990 Netchaïev est de retour de Jacques Deray
1990 IP 5 de Jean-Jacques Beineix

 
Extrait du "Sauvage".

 
Extrait de "César et Rosalie".


Extrait de "Tout feu tout flamme".

 


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