Péplum

1959
Film américain

 

PRINCIPAUX INTERPRETES


Charlton Heston
(Judas Ben-Hur)

Jack Hawkins
(Quintus Arrius)

Stephen Boyd
(Messala)

Haya Harareet
(Esther)

Hugh Griffith
(Sheik Ildérim)

 

PHOTOS


 



 


 




HISTOIRE

Judas Ben-Hur, prince de Judée, et sa famille accueillent dans leur demeure un ami d'enfance, Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Ben-Hur et Messala, boivent ensemble à leur amitié mais leurs caractères se heurtent : Ben-Hur ne pense qu'à la liberté pour son peuple, Messala ne voit que par la grandeur de Rome. Quelques jours plus tard, la soeur de Ben-Hur fait tomber accidentellement une tuile sur le cortège du nouveau gouverneur romain. Ben-Hur et sa famille sont emprisonnés sur ordre de Messala. Envoyé aux galères, Ben-Hur sauve, au cours d'une attaque, la vie du capitaine Quintus Arrius qui décide, pour le remercier, de le prendre sous sa protection. De nouveau libre, Ben-Hur quitte son père adoptif et devient conducteur de chars. À Jérusalem, il a ainsi la chance de pouvoir courir contre Messala. Ce dernier sera tué durant la course et meurt sans avoir révélé où se trouve la famille de Ben-Hur. Celui-ci finira par retrouver sa mère et sa soeur dans un camp de lépreuses. Au moment où le Christ meurt sur la croix, un miracle se produit et Ben-Hur voit sa famille sauvée.

 

SECRETS DE TOURNAGE

Ben-Hur est l'adaptation d'un roman à succés, "a tale of Christ" écrit en 1880 par le général américain Lew Wallace, avocat, homme d'état et héros de la guerre de secession. Adapté au théâtre en 1899, il fut joué 20 ans sans interruption aux Etats-Unis. Il faut dire que le metteur en scène à réussi à reconstituer la bataille navale avec des décors mobiles et a même inclus la célèbre course de char en faisant courir de vrais chevaux sur des tapis roulants ! Mais l'arrivée d'un nouveau média, le cinéma, va donner la possibilité d'aller encore plus loin. Le livre est d'abord adapté en 1907 dans un film muet de 15 minutes, réalisé sans l'accord des héritiers de Wallace. Ceux-ci vont faire un procès au producteur et obtenir de lourds dédommagements. Cette affaire établira même une jurispridence en matière de droits d'adaptation de romans au grand écran.

En 1925, l'un des fondateurs de la MGM rachète les droits du livre et la toute jeune entreprise se lance dans une superproduction sans précédent. C'est l'Italie et les studios Cinecitta qui seront choisis pour le tournage, mais rien ne se passe comme prévu. C'est même le drame lors du tournage lorsque l'une des galères reconstituées pour la bataille navale prend réellement feu en pleine mer. La fin du film sera tournée avec de très gros moyens à Hollywood. Le film connaîtra un certain succès, mais sera difficile à rentabiliser.


Ramon Novarro dans la version de Fred Niblo
réalisée en 1925.

Général Lew Wallace auteur du roman"A tale of Christ" en 1880.

A la fin des années 50, c'est pourtant à nouveau « Ben-Hur » qui aura la lourde tâche de sortir la MGM de ses difficultés financières. Mettant la plupart de ses autres productions en sommeil, l'entreprise décide de mettre le paquet sur un film qui devra faire l'objet de tous les superlatifs. Alors que plusieurs scénaristes doivent travailler le script, la production du long-métrage est confiée à Sam Zimbalist qui se voit remettre l'avenir du studio entre ses mains. Ce dernier ne supportera d'ailleurs pas la pression, décédant d'une attaque cardiaque au cours du tournage en Italie.

Pour réaliser le film, c'est William Wyler qui est engagé pour la somme colossale (à l'époque) de un million de dollars (environ 7 millions de dollars actuels). A partir des premiers scripts, des décors sont construits à la Cinecitta en Italie et les castings commencent. La préparation du film prendra plus d'un an. Les décors sont spectaculaires, avec une reconstitution de Jérusalem qui s'étend sur dix hectares, la construction d'un lac artificiel pour la bataille navale et d'un immense stade de
600 m sur 200 m à Hollywood.

Pour le rôle de Beh-Hur on pense d'abord à Paul Newman, puis à Marlon Brando, Kirk Douglas, Rock Hudson, Burt Lancaster, John Gavin et César Danova. Finalement, c'est Charlton Heston, qui avait fait un Moïse remarqué dans « les dix commandements » en 1956, qui empoche le rôle. Les romains du film seront joués par des acteurs anglais, dont le style ‘distingué' convenait à l'aristocratie de Rome. Le film fait également appel à des milliers de figurants, certains parlent même de 400 000 en tout !

Le tournage de Ben-Hur, qualifié de superproduction, fut accompagné de gaspillages importants. Les chevaux blancs utilisés dans le film auraient ainsi été transportés depuis la Tchécoslovaquie (alors que le tournage se déroulait à Rome) par avion, en première classe ! A l'inverse, effrayée par la possibilité que les nombreux décors construits sur place ne soient réutilisés sans permission par des producteurs italiens de films à petit budget, la Metro-Goldwyn-Mayer décida de les faire tous détruire une fois le tournage achevé.

La célèbre course de chars qui dure une demi heure, exigea à elle seule quatre mois de préparation et trois mois de tournage. Elle fut dirigée par deux spécialistes des séquences d'action : Andrew Marton et Yakima Canutt, cascadeur renommé.
La difficulté à filmer une scène aussi complexe obligea à recourir à plusieurs artifices : la construction centrale est exagérément large par rapport aux vrais stades antiques (quand elle était présente) ; dans certaines séquences, plusieurs chars n'ont que trois chevaux au lieu de quatre, pour permettre d'approcher au maximum la caméra.
De plus, de telles cascades n'étaient évidemment pas sans danger ; en effet, la séquence où Ben-Hur est rejeté à l'extrémité de son char et parvient à y remonter et à en reprendre le contrôle, est en fait le fruit du hasard : le cascadeur s'étant tiré brillamment de cet accident imprévu, il fut décidé de garder la prise, un gros plan factice de Charlton Heston étant inséré pour plus de crédibilité.

Pour l'élaboration du stade où se déroule la course de chars, la Metro-Goldwyn-Mayer consulta trois archéologues différents ; le premier affirma qu'il devait être de style romain, le second de style phénicien, le dernier affirma qu'il n'y avait jamais eu de stade à Jérusalem... En définitive, les ingénieurs fondèrent leur travail sur la précédente version de Ben-Hur, de Fred Niblo (1926).

La Metro-Goldwyn-Mayer souhaitait disposer d'une galère romaine la plus authentique possible pour certaines scènes de combat. Il fut donc fait appel à un spécialiste historique, mais quand ses plans furent présentés aux ingénieurs, l'un d'eux affirma que le bateau était trop lourd et risquait de couler. Celui-ci fut néanmoins réalisé, et si les premiers essais en mer furent positifs, il ne tarda pas à confirmer ce jugement prophétique. Il fut donc décidé de le laisser dans une piscine avec un ciel peint en arrière-plan, des câbles attachés à l'ancre assurant sa stabilité.
Par ailleurs, l'eau n'était pas aussi bleu qu'il était souhaitable. Un chimiste fut donc spécialement engagé pour imiter la couleur de la mer Mediterranée, mais les ingrédients que celui-ci utilisa créèrent une croûte à la surface de l'eau, qu'il fallut arracher des flancs du navire à grands frais.
Le dernier problème concernant cette galère fut le manque de place. Les imposantes caméras 65 mm ne pouvaient en effet être manoeuvrées à bord. Elle fut donc enlevée de sa piscine, coupée en deux et placée sur un plateau. Les rames, trop longues, durent alors être coupées ; trop légères à manoeuvrer, elles manquaient alors de crédibilité. Le problème fut résolu en utilisant des pistons hydrauliques les tirant vers le bas...

Tourné avec un nouveau modèle de caméra 65 mm offrant une plus grand netteté d'image, le film coûta près de 13 millions de dollars, pouvant ruiner ou sauver la MGM, alors en situation financière difficile. La compagnie ne lésina pas sur les moyens en prenant d'assaut les studios de Cinecitta à Rome, où se dresserent plus de 300 décors dont une arène pouvant contenir 25 000 personnes, l'un des plus grands décors jamais construits.

Ben-Hur fut l'objet de douze nominations aux Oscars, onze étant ensuite confirmées (la seule qui lui échappa finalement étant la meilleure adaptation scénaristique) :

- Meilleur film,
- Meilleur réalisateur,
- Meilleur acteur (Charlton Heston),
- Meilleur second rôle masculin (Hugh Griffith),
- Meilleure photographie,
- Meilleur son,
- Meilleure musique,
- Meilleur montage,
- Meilleurs effets spéciaux,
- Meilleurs décors,
- Meilleurs costumes.

Charlton Heston récompensé par l'Oscar du
Meilleur Acteur en 1960 pour le rôle de
Ben-Hur.

Il reçut également 4 Golden Globes : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur second rôle (Stephen Boyd), mention spéciale pour Andrew Marton (qui dirigea la course de chars).

En septembre 2006, Robert Hossein a mis en scène au Stade de France, un spectacle intitulé "Ben Hur" avec des centaines de figurants. Un défilé des légions romaines, des combats de gladiateurs et une sublime course de chars (dirigée par Mario Luraschi, grand cascadeur) ont été reconstitués.

BEN-HUR : LA BANDE DESSINEE

En 2008, Ben-Hur est sorti sous forme de BD créée par Jean-Yves MITTON pour la collection "Histoire et histoires". Elle a été scindée en 4 albums (1-Messala, 2-Quintus Arrius, 3-Golgotha, 4-Sheik Ildérim).

L'AVIS DE "CIN & TOILES"

Un film titanesque pour l'époque ! Les grandes scènes sont époustouflantes, surtout la course de chars. A ce jour, Ben-Hur détient le record absolu d'Oscars remportés, distinction qu'il partage avec Titanic , également lauréat de 11 statuettes. Charlton Heston rentre tellement bien dans la peau du personnage qu'on a du mal à imaginer un autre acteur que lui dans le rôle. Dommage qu'on ne tourne plus de tels films à notre époque (à part peut être "Gladiator"...).



Fiche technique

Scénario Karl TUNBERG
D'après le roman de Lew WALLACE
Directeur de la photographie Robert L SURTEES
Musique Miklos ROZSA
Direction artistique William A HORNING, Edward CARFAGNO
Réalisateurs de seconde équipe Andrew MARION, Yakima CANUTI, Mario SOLDATI, Richard THORPE
Production Sam ZIMBALIST
Distribution Metro-Goldwyn-Mayer
Durée 3 h 32

Autres interprètes

Miriam Martha SCOTT
Simonides Sam JAFFE
Tirzah Cathy O'DONNELL
Ponce-Pilate Frank THRING


Charlton Heston, Stephen Boyd et William Wyler
pendant le tournage.

L'équipe du film pendant le tournage de la course de chars.


charlton Heston et Stephen Boyd en dehors du tournage.

STEPHEN BOYD

Un acteur irlandais naturalisé américain


De son vrai nom William Stephen Millar (1931-1977), il acquiert une énorme célébrité en 1959 en interprétant Massala dans «Ben Hur». En effet, Il remporte un Golden Globe pour son excellente prestation. Au milieu des années quarante, alors portier à l'Odeon Theater de Londres, il est remarqué par l'acteur Michael Redgrave. Celui-ci le fait engager à la Windsor Repertory Company. Rapidement, il joue sur scène et apparaît dans plusieurs productions télévisées de la BBC. En 1955, il débute au cinéma dans «Un alligator appelé Daisy». L'année suivante, il signe un contrat de sept ans avec la Twentieth Century Fox et interprète l'espion irlandais dans «L'homme qui n'a jamais existé». En 1957, Brigitte Bardot découvre le jeune acteur athlétique sur une photo et décide qu'il sera son partenaire dans «Les bijoutiers du clair de lune» de Roger Vadim. Dans les années soixante, Stephen Boyd est désormais une star. Il partage l'affiche avec les plus grandes vedettes féminines, parmi lesquelles : Doris Day dans «La plus belle fille du monde» (1961), Gina Lollobrigida dans «Vénus impériale» (1962), Sophia Loren dans «La chute de l'empire romain» et Raquel Welch dans «Le voyage fantastique» (1965). À la suite des désastres financiers de plusieurs productions dont Stephen est tête d'affiche et le déclin des grands studios Hollywoodiens, son contrat n'est pas renouvelé. En panne de propositions intéressantes, il traverse l'Atlantique et participe à plusieurs films européens. Il joue une nouvelle fois avec Brigitte Bardot dans «Shalako» et enchaîne avec bon nombre de productions médiocres. Boudé par le succès, Stephen Boyd noie sa popularité disparue dans l'alcool et les plaisirs futiles de la vie. Il décèdera le 2 juin 1977 d'une crise cardiaque, en plein parcours de golf.

BEN-HUR : LA SERIE TV

Un téléfilm (2 x 2 heures) a été réalisé en 2010 par Steven Shill (The Tudors, Rome, Dexter....et produit par David Wyler (fils de William). Joseph Morgan (que l'on a déjà pu voir dans les films Master and Commander et Alexandre) est l'interprète de Ben-Hur. Cette mini-série a été diffusée au USA (sur ABC) au Canada, en Espagne et en Allemagne mais pas encore en France....