Fantastique

1933
Film américain

 

PRINCIPAUX INTERPRETES

 


Fay Wray
(Ann Darrow)


Bruce Cabot
(John Driscoll)


Robert Armstrong
(Carl Denham)

PHOTOS


 



 


 




HISTOIRE

Un impresario est chargé de trouver une actrice pour le producteur et réalisateur Carl Denham. Il revient bredouille car personne ne veut partir pendant plusieurs mois pour une destination inconnue. Denham part alors lui-même à la recherche d'une actrice qu'il découvre en la personne d'une jeune fille qui tentait de voler une pomme à un marchand. C'est une figurante au chomage, il la convainc rapidement de partir pour un long voyage de plusieurs mois, pour l'argent, l'aventure et la gloire... L'adjoint du capitaine, John Driscoll, commençe à s'intérésser à cette belle inconnue qui tourne un bout d'essai avec Denham. Ce dernier révèle bientôt les raison de son voyage : sur l'ile de Skull Island (l'ile du crâne), jusqu'alors inconnue des cartes de navigation, des indigènes vénèrent un dieu monstrueux que Denham voudrait bien filmer.
Arrivés sur l'ile, toute l'équipe du film, accompagnée de Driscoll et de quelques marins, sème le trouble dans la fête indigène qui a lieu. Le chef du village se fache mais finit par se calmer à la vue de Ann Darrow, la comédienne aux cheveux d'or, qu'il veut finalement acheter... L'équipe du tournage finit par se retirer mais Ann est capturée par les indigènes durant la nuit.
Elle est attachée à un autel derrière une imposante muraille de pierres pour être offerte au Dieu Kong. Au moment où Driscoll et quelques hommes arrivent pour la secourir, un singe monstrueux de vingt mètres de haut vient s'emparer de la belle et l'emporte dans la forêt. Une équipe part à sa recherche en suivant les traces laissées par le singe gigantesque. Durant leur quête, ils sont attaqués par des dinosaures et les survivants ne doivent la vie que grace aux grenades à gaz qu'ils ont emportées. Alors que les hommes traversent une gorge profonde sur un pont formé par un tronc d'arbre abattu, Kong va secouer l'arbre pour les faire tomber dans le précipice. Seul Driscoll en réchappe de justesse en se cachant dans une grotte.
Le singe géant emporte l'inconnue dans son repaire, suivi de Driscoll... Pendant une bataille qui oppose Kong à un dinosaure, Driscoll profite de la diversion pour sauver Ann et la ramène au village indigène. Furieux, le singe géant s'aperçoit de la fuite de sa belle captive et retourne au village, force les portes, et décime la population. Finalement, la folie furieuse du géant est stoppée sur la plage par les grenades à gaz de l'expédition... Denham saisit l'occasion pour le faire transporter sur le bateau, enchainé...
A New-York, le singe est présenté comme la huitième merveille du monde dans un grand théatre. Des milliers de personnes se pressent le soir de la première où il est présenté avec l'équipe qui l'a capturé. Au moment où Ann et Driscoll officialisent leur union, Kong devient furieux et brise ses chaines semant la panique dans le théatre et dans la ville. Il part à la recherche de Ann, balayant tout sur son passage!
Driscoll et Ann se réfugient au dernier étage d'un hôtel, Kong ne tarde pas à les retrouver et passe sa main par la fenêtre de la chambre pour s'emparer de la belle. Il l'emporte bien vite vers le plus haut sommet de la ville : le gratte-ciel de l'Empire State Building. Impuissante, la police fait finalement appel à une escadrille de chasseurs de combat qui lui tirent dessus à la mitrailleuse. Le singe a juste le temps de poser Ann sur une corniche avant de tomber au sol, criblé de balles. Denham arrive sur la dépouille du géant abattu et déclare : "Ce ne sont pas les balles qui l'ont tué : c'est la belle qui a tué la bête. "

 

SECRETS DE TOURNAGE

Le sujet de King Kong n'est pas inspiré d'un roman mais a été créé pour le cinéma. Cependant, si le film crédite Merian C. Cooper et Edgar Wallace comme étant à l'origine de l'histoire, Cooper déclara que le scénario ne comportait aucune idée de Wallace, et qu'il n'avait gardé son nom au générique qu'en hommage à sa mémoire - Wallace étant décédé en février 1932. Le scénario fut finalement signé par James Ashmore Creelman et Ruth Rose, la propre femme d'Ernest B. Schoedsack.
Dans les années 20, de nombreuses expéditions plus aventurières que scientifiques font état de créatures mystérieuses et terrifiantes découvertes dans les îles de Sumatra. Cooper s'en inspira et se pencha sur l'idée de ce qui pourrait arriver à un animal préhistorique "débarqué" dans une ville contemporaine.
En guise de "signature", Les deux réalisateurs apparaissent à la fin du film, aux commandes de l'avion qui, finalement, tue le gorille...


Merian C. Cooper,
réalisateur principal.
Ernest B. Schoedsack,
co-réalisateur du film.




Edgar Wallace (1875-1932), co-créateur du film.

Pour la créature du "Roi Kong" (Kong signifie "singe" en indonésien), ils firent appel au spécialiste des effets spéciaux Willis O'Brien, dont le travail sur, notamment, Le monde perdu (1925), avait fait sensation.
Contrairement à certaines rumeurs, King Kong n'est jamais incarné par un comédien déguisé, il s'agit à chaque fois d'animation de maquettes image par image - technique développée par Willis O'Brien lui-même, et popularisée plus tard par Ray Harryhausen, son collaborateur sur "Monsieur Joe", dans des films tels que "Jason et les Argonautes" (1963 ; Don Chaffey), "Le voyage fantastique de Sinbad" (1973 ; Gordon Hessler)...

O'Brien fit ainsi construire plusieurs détails en grandeur nature de Kong (un buste, une main pour tenir Fay Wray et une autre pour "écraser" ses adversaires, une tête et un pied), ainsi qu'une représentation complète d'une taille de 18 pouces.



Buste de King Kong.


Maquette de 18 pouces.

Pour le hurlement du monstre, les cris combinés d'un lion et d'un tigre furent utilisés.
O'Brien anima également tout une galerie d'animaux préhistoriques, créatures qui peuplent Skull Island, le territoire de King Kong. L'immense porte qui y trône, protégeant la population indigène du singe, fut brulée en 1939 pour figurer l'incendie d'Atlanta dans "Autant en emporte le vent".

C'est le 15 septembre 1933 que "King Kong" fut présenté en première projection à Paris, mais il fallut patienter jusqu'en 1965 pour voir le film dans sa totalité ; en effet, pendant 23 ans, l'oeuvre diffusée en France resta amputée des 8 premières minutes, fondamentales pour la compréhension.
Mais ce n'est qu'en 1971 que l'on put découvrir l'intégralité des plans dans lesquelles Fay Wray se fait déshabiller par le monstre. Une scène demeure toutefois encore invisible : celle où quatre marins, après avoir été précipités dans un ravin par Kong, sont dévorés par une araignée géante. Le fait est que, lors de l'avant première du film (à San Bernardino, en Californie) à la fin du mois de janvier 1933, certains spectateurs, impressionnés par ce passage, quittèrent la salle en criant. Le lendemain, Merian C. Cooper décida donc de retourner en studio et supprima la séquence.

Le tournage, qui dura un an, se déroula de nuit sur le plateau 11 des studios de la RKO, à Culver City, parallèlement à celui de "La chasse du comte Zaroff" qui, lui, avait lieu de jour. Ernest B. Schoedsack et Fay Wray, respectivement co-réalisateur et interprète des deux films, devaient ainsi tourner en continu.

Ayant coûté la somme de considérable de 650 000 dollars de l'époque, pour 55 semaines de tournage, le film fut très vite bénéficiaire, sans compter l'apport des droits dérivés : bandes dessinées, jouets, publicité.



FAY WRAY


"Inoubliable Ann Darrow"

Née au Canada le 15 septembre 1907, elle part très tôt s'installer à Los Angeles. Dès le milieu des années 20, la comédienne, dont le premier long métrage est "The Coast guard" en 1925, multiplie les petits rôles dans des westerns muets de second rang des studios Universal. Elue "Baby star" par la Western Association of Motion Picture Advertisers en 1926, aux côtés de Joan Crawford ou Janet Gaynor, elle trouve son premier rôle important à 19 ans, celui d'une jeune fille pauvre amoureuse d'Erich Von Stroheim dans"La Symphonie nuptiale", réalisé par le comédien en 1928. Mais l'actrice se spécialise bientôt dans les rôles de frêles victimes, comme dans "Quatre plumes blanches" de Merian C. Cooper et Lothar Mendes, puis "La Chasse du comte Zaroff" dans lequel elle est la proie d'un aristocrate sadique sur une île des Caraïbes. Fay Wray se voit alors proposer un film dans lequel elle aurait, lui promet le RKO, le partenaire le plus inoubliable qu'on puisse imaginer. L'actrice, qui a déjà donné la réplique à Gary Cooper et William Powell, songe alors à Clark Gable... Elle apprend bientôt qu'il s'agit d'un gigantesque gorille dans ce qui deviendra un classique du film d'épouvante : "King Kong". Mais par la suite, la carrière de Fay Wray ne sera pas à la hauteur de ce grand succès de 1933. Tournant néanmoins sous la direction de grands cinéastes tels que Howard Hawks ("Viva Villa !") ou Vincente Minnelli ("La Toile d'araignée"), l'actrice prendra sa retraite du grand écran en 1958. Elle continuera néanmoins à jouer au théâtre et pour la télévision. Elle s'est vu proposer par Peter Jackson, réalisateur du récent remake de 2005, d'effectuer la dernière réplique du film. Mais malheureusement, l'actrice est décédée un mois avant le début du tournage, le 8 août 2004.

L'immense succès de King Kong donna lieu à deux suites réalisées par Ernest B. Schoedsack, le fils de Kong (1933) et Monsieur Joe (1949).

L'AVIS DE "CIN & TOILES"

Une version qui a beaucoup vieilli mais qui fait partie de la légende du cinéma. Dans les années 30, ce film a été une révolution au niveau des effets spéciaux et aussi au niveau créatif : le célèbre gorille géant a été inventé de toute pièce pour le grand écran. Si vous ne l'avez déjà vu, un film à ne pas manquer pour se rendre compte de l'évolution énorme du 7ème art en 70 ans.

 

 

Fiche technique

Scénario James CREELMAN, Ruth ROSE
D'après une idée de Merian C COOPER
et Edgar WALLACE
Directeurs de la photographie Edward LINDEN, Vernon WALKER, Jo TAYLOR
Effets photographiques spéciaux Willis O'BRIEN
Musique Max STEINER
Effets sonores Murray SPIVACK
Production RKO Radio Pictures
Distribution Archeo Pictures
Durée 1 h 40

Autres interprètes

Le capitaine Englehorn Frank REICHER
Charles Weston Sam HARDY
Le chef indigène Noble JOHNSON
Le sorcier Steve CLEMENTO
Briggs James FLAVIN
Lumpy Victor WONG
Le chef de la police George MacQUARRIE


En 1976, John Guillermin signa un remake avec Jessica Lange
et Jeff Bridges.



"King Kong lives"(1986) avec Linda Hamilton.


"King Kong" (2005) de Peter Jackson avec Naomi Watts, Jack Black et Adrien Brody plus fidèle à la version de 1933.

 

"King Kong" existe également en bande dessinée éditée en 1977.