Aventures


1988

Film français

 

PRINCIPAUX INTERPRETES


Jean Marc Barr
(Jacques Mayol))


Jean Reno
( Enzo Molinari)

Rosanna Arquette
(Johana Baker )

Marc Duret
(Roberto Molinari)


Paul Shenar
(Docteur Lawrence)

Jean Bouise
(Oncle Louis)

PHOTOS




 


 





HISTOIRE

Lorsqu'ils étaient enfants, Jacques et Enzo partageaient la même passion : la plongée sous-marine. C'était à celui des deux qui resterait le plus longtemps sous l'eau, sans respirer, en apnée. Le père de Jacques plongeait lui aussi, mais avec un scaphandre bricolé. Un jour, sous les yeux de son fils, il n'est pas remonté. Vingt ans plus tard, Jacques conserve encore de cette mort un souvenir qui pèse lourdement sur son comportement. Timide, taciturne, il ne paraît dans son élément que sous l'eau - il est le collaborateur du professeur Lawrence, un savant qui étudie les réactions de l'organisme dans les profondeurs marines - et en compagnie des dauphins avec lesquels il joue, des heures durant. Tout le contraire d'Enzo, devenu champion du monde de plongée ; celui-ci, sûr de lui, autoritaire, vantard, rêve de retrouver son ami Jacques, perdu de vue depuis vingt ans. Leurs retrouvailles ont lieu à l'occasion des championnats de plongée de Taormina, en Sicile. Ils y sont rejoints par Johana, follement amoureuse de Jacques, qu'elle a croisé au Pérou. Or il n'est pas à l'aise avec la jeune fille qui, pour le séduire, prend toutes les initiatives. Et si elle parvient, en apparence, à le rendre amoureux, elle ne réussit pas à le distraire de ce qui, pour lui est essentiel : sa compétition avec Enzo à des dizaines de mètres sous la surface de la mer, au risque de leur vie. Et un jour, Enzo va trop loin, trop longtemps. A son retour en surface, il meurt dans les bras de son ami, le suppliant de confier son cadavre aux profondeurs. Bouleversé, Jacques l'y rejoindra peu après, sourd à l'amour de Johana qui attend un enfant de lui. Dans les profondeurs, là où tout est bleu Jacques rejoint "sa famille", les dauphins...

SECRETS DE TOURNAGE

L'idée de départ du film remonte à l'adolescence de Luc Besson qui a été bercée par la mer. En effet, ses parents pratiquent la plongée et lui même se prend de passion pour les dauphins. De plus, Jacques Mayol (1927-2001), qui est parvenu à communiquer avec ces animaux, devient son idole. Plongeur chevronné, celui-ci entre en 1966 en compétition avec un champion sicilien, Enzo Maiorca avec qui il se lie d'amitié (Cet apnéiste, interprété par Jean Reno, n'apprécia pas le film et entama une procédure en diffamation contre Luc Besson, ce qui bloqua la diffusion du film en Italie pendant 14 ans. Le film put être distribué en 2002 dans une version abrégée ; parmi les scènes coupées, on trouve celle où Enzo Molinari se fait payer pour sauver la vie d'un homme en train de se noyer...).

Luc Besson se met alors à la recherche d'un producteur. Il rencontre d'abord l'acteur-producteur Warren Beatty, par l'intermédiaire d'Isabelle Adjani. Celui-ci lui fait une avance de 25 000 dollars qui permettent à Besson, Eric Serra et Christophe Lambert de partir en croisière en méditerranée pour écrire le script du film. Le jeune réalisateur envisage de donner le rôle titre à Christophe Lambert, mais celui-ci est peu à l'aise en milieu marin.
Alors que Luc Besson cherche ses acteurs, il se brouille avec Warren Beatty et propose le projet à la Gaumont. Cela lui vaudra de nombreux problèmes avec les avocats de Beatty, mais il finira par obtenir gain de cause en échange de 2,5 millions de francs que Gaumont verse à Warren Beatty. Besson aura également beaucoup de mal à trouver un acteur pour le premier rôle (Mickey Rourke, Matthew Modine, Mel Gibson et Gérard Lanvin seront pressentis) et ne tombera sur Jean-Marc Barr que lors d'un ultime casting à Londres.


JEAN-MARC BARR

Né le 27 septembre 1960 à Bitburg (Allemagne), le célèbre interprète de Jacques Mayol au cinéma, vit son enfance au gré des mutations de son père, soldat de l'US Air Force, tantôt en Allemagne ou aux U.S.A. Un moment séminariste, puis élève de l'Air Force Academy, étudiant en philosophie et sémiologie, c'est le théâtre qui finit par s'imposer à lui. Il quitte tout et intègre la Guildhall School of Music and Drama de Londres où il rencontre sa future femme, la pianiste yougoslave Irina Decermic. Il se produit sur plusieurs scènes et joue des petits rôles à l'écran jusqu'au "Grand bleu" qui le révèle au public international. Par la suite, il continue les pièces de théâtre et tente de sortir du rôle de Jacques Mayol. En 1991, il rencontre le réalisateur Lars Von Trier, qui lui donne le premier rôle dans "Europa", et il commence ainsi une grande collaboration notamment pour "Breaking thes waves" (1996) , "Dancer in the dark" (2000) et "Dogville"(2002). En 1999, il passe derrière la caméra et entame avec succès une carrière de réalisateur avec une saga en trois volets : "Lovers", "Two much flesh"et "Being light" (2001). Jean-Marc Barr a aussi interprété des rôles tantôt comiques et décalés ("Folle d'elle", "Le divorce"...) , tantôt plus dramatiques ou effrayants ("La sirène rouge", "Parc").

Le film a nécessité une équipe de 210 personnes, neuf mois de tournage, en Italie en Grèce, aux Iles Vierges, aux Etats-Unis et au Pérou, huit mois de montage et, durant tout ce temps, aucune information ne vint dissiper le mystère entretenu volontairement, par Luc Besson autour de son film projeté, pour la première fois en public, en gala d'ouverture du Festival de Cannes 1988 :"Le véritable point de départ, c'est un film, un documentaire sur Jacques Mayol, où il descendait déjà à 92 m. Je me demandais comment il arrivait à trouver à l'intérieur de lui suffisament de bonheur pour descendre dans des conditions aussi mauvaises, car il y a quand même beaucoup de pression, il fait très froid, je voulais savoir comment..."
Jacques Mayol, plongeur professionnel, fut conseiller technique des prises de vues sous-marines pour lesquelles deux ingénieurs, Christian Pétron et Francis Laum, ont mis au point des caméras spéciales corrigeant la diffraction et la colorimétrie due à l'eau.

Encadrés par d'anciens nageurs de combat, l'équipe du film supporta toutes les épreuves : les 15 descentes par jour, la longue attente aux paliers de décompression, le vent force 7 qui hérissait la mer à la remontée et les incidents de plongée... A terre, ils rencontrèrent aussi beaucoup de difficultés : en Grèce, dans une crique perdue avec un téléphone pour 70 personnes ou en compagnie des indiens du Pérou qui n'avaient jamais vu de blancs. Les acteurs n'ont pas été doublés pour les scènes de plongée et ont été entraîné par Luc Besson en personne ! Il atteignirent à la fin de leur entraînement un excellent niveau qui leur permit de plonger à environ 50 mètres avec des apnées de plus de 3 minutes.



Luc Besson, Jean Marc Barr
et le véritable Jacques Mayol.

Luc Besson et Jean Marc Barr se préparant
à plonger.

Aux Etats-Unis, le grand bleu sort sous le titre the big blue. L'exploitation américaine du film s'est faite sans la musique d'Éric Serra, remplacée par une partition de Bill Conti. La version américaine comporte une fin différente des versions européennes et française. En effet, une scène a été rajoutée afin de rendre cette fin plus heureuse. Grâce à ce film, Luc Besson voit sa carrière outre-atlantique démarrer sous de beaux auspices.

Au cours des César 1989, Le Grand Bleu est nominé dans huit catégories, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur (Luc Besson), du meilleur acteur (Jean-Marc Barr) et meilleur acteur dans un second rôle (Jean Reno). Il repartira avec deux récompenses :

- le César de la meilleure musique de film pour Eric Serra,
- le César du meilleur son pour Pierre Befve, François Groult et Gérard Lamps.

L'AVIS DE "CIN & TOILES"

Avec "Léon", "Le grand bleu" est le meilleur film de Luc Besson à ce jour. C'est un film culte pour la jeune génération de la fin des années 80. En effet, beaucoup se sont retrouvés à travers le personnage de Jacques Mayol, sa soif de liberté, d'évasion et sa passion des profondeurs jusqu'à la mort. Et que dire de la musique enchanteresse qui nous emporte nous aussi dans un ballet avec les dauphins. Tous les acteurs sont formidables et en particulier lorsque les personnages interprétés par Jean Réno et Jean-Marc Barr se lancent des défis.

 



Fiche technique



Scénario et adaptation Roger GARLAND, Luc BESSON
D'après une idée originale de Luc BESSON
Directeur de la
photographie
Carlo VARINI
Musique Éric SERRA
Production et distribution Gaumont
Durée

2 h 15
3 h (version longue)

Autres interprètes

Le père de Jacques Claude Besson
Jacques enfant Bruce Guerre-Berthelot
Enzo enfant Gregory Forstner
Novelli Sergio CASTELLITO
Le pape Andréas VOUTSINAS
Duffy Griffin DUNNE
Bonita Valentina VARGAS


En 1988, en avant-première au festival de Cannes, Luc Besson présente "Le Grand Bleu" avec toute son équipe (et des costumes parfaitement dans le ton pour appuyer le coup marketing). La critique descend le film en flèche, c'est le début d'une longue histoire de désamour entre le réalisateur et la presse. Mais pas avec le public puisque Le Grand Bleu fait plus de 9 millions d'entrées au box-office... Devant cet engouement populaire, Luc Besson a sorti en salles une version longue de son film, qui comporte 28 minutes de plus que l'oeuvre d'origine..


LE VERITABLE JACQUES MAYOL

Né le 1er Avril 1927 à Shangaï, Jacques Mayol était le plus célèbre apnéiste au monde, surtout après la sortie du film, qui a fait connaître cette spécialité non reconnue. Adepte du yoga, il a été le premier plongeur au monde à descendre à une profondeur de 105 mètres en apnée en 1983 dans les eaux de l'île d'Elbe. Lors de ses plongées, son rythme cardiaque pouvait passer de 70 à 20 pulsations par minute ! Il a mis fin à ses jours en décembre 2001 à l'âge de 74 ans.


 

La bande originale du film s'est vendue à plus de trois millions d'exemplaires dans le monde, dont deux millions exclusivement en France. Cette bande originale contient la première interprétation vocale d'Éric Serra qu'il a composée avec Luc Besson sous le titre de " My Lady Blue" . La bande originale du Grand bleu fut gagnante d'une Victoire de la musique et d'un César pour la meilleure musique de film en 1988, en plus d'avoir remporté le Grand Prix de la réalisation audio-visuel de la SACEM la même année. L'album fut certifié or, platine et diamant dans plusieurs pays.