Science-fiction

1977

Film américain


PRINCIPAUX INTERPRETES


Richard Dreyfuss
(Roy Neary)

François Truffaut
(Claude Lacombe)

Teri Garr
(Ronnie Neary)

Melinda Dillon
(Jillian Guiler)


Bob Balaban
(David Laughlin)


PHOTOS




 


 




HISTOIRE

Dans le ciel de Muncie, petit village de l'Indiana, apparaissent d'étranges phénomènes. Les stations électriques s'arrêtent de fonctionner simultanément. Roy Neary, un réparateur de câbles, rencontre sur sa route des Objets Volants Non Identifiés. Barry Guiler, un petit garçon de 4 ans, est enlevé par une "soucoupe volante" sous les yeux horrifiés de sa mère, Jillian... Tentant de comprendre les raisons de son aventure, Roy Neary se heurte aux rigoureuses consignes de silence imposées par le gouvernement fédéral, tandis que sa femme Ronnie qui le prend pour un fou, le quitte... Parallèlement à ces événements, une commission internationale conduite par le savant français Claude Lacombe s'efforce de relier entre eux divers indices disséminés un peu partout sur la planète. Une évidence s'impose bientôt : une intelligence extra-terrestre tente d'établir un contact avec les Terriens ! Un lieu de rencontre a été désigné : la montagne de la Tour du Diable, dans le Wyoming. De leur côte, sans se concerter, Roy et Jillian ont eu la révélation dans leur esprit de cet endroit. Ensemble, ils franchissent de force les barrages militaires établis tout autour de la région pour se trouver au rendez-vous proposé par les mystérieux extra-terrestres. Fascinés, les scientifiques voient venir les lumineux vaisseaux spatiaux, dont les pacifiques passagers parviennent à communiquer avec eux par la musique. Au détriment de l'équipage prévu initialement, Roy, arrivé sur place, sera choisi par les petits êtres de l'Espace pour les accompagner dans leur monde...

 

SECRETS DE TOURNAGE

Titre original : "close encounters of the third kind ".

Steven Spielberg a eu l'idée du film suite à un souvenir d'enfance où son père, en plein milieu de la nuit l'a tiré de son lit pour l'amener voir en pleine campagne une pluie de météorites. Il avoue que c'est sans aucun doute cette expérience mémorable qui a contribué à sa fascination pour les OVNI et qui lui a donné l'envie de raconter des histoires propres à exalter l'imaginaire.

Lorsque Spielberg entame ce projet, le professeur J. Allen Hynek est astrophysicien et sans doute le plus grand spécialiste mondial en matière de Soucoupes Volantes. Il le choisit comme conseiller technique pour le film et le fera également apparaître lors de la séquence finale en guise d'hommage. C'est cet éminent scientifique qui a défini les trois premières catégories de rencontres avec "les soucoupes volantes" :

- vision d'une soucoupe (rencontre du premier type),
- traces visibles de soucoupes sur le sol (deuxième type),
- rencontre avec des passagers d'une soucoupe (troisième type).

Depuis, deux autres catégories ont été créées :

- enlèvement d'êtres humains par des extra-terrestres (quatrième type),
- implants extra-terrestres dans le corps d'êtres humains (cinquième type).

J. Allen Hynek vante à Spielberg les qualités d'un scientifique français, Jacques Vallée, qui va servir de modèle pour le personnage de Claude Lacombe, interprété par François Truffaut (rôle proposé également à Lino Ventura et à Jean-Louis Trintignant). Le réalisateur a été impressionné par la performance de Truffaut dans "L'enfant sauvage" et il veut à tout prix l'engager dans son film. Il possède selon lui le visage charitable, gentil et optimiste dont Lacombe a besoin.

Spielberg a fait part de la réaction négative de la NASA à sa proposition de collaboration : "J'ai entendu que le gouvernement était opposé au film. Si la NASA a pris le temps de m'écrire une lettre de 20 pages, alors je savais qu'il devait se passer quelque chose. J'avais voulu une coopération de leur part, mais lorsqu'il lirent le script ils devinrent très en colère et pensèrent que c'était un film qui pourrait être dangereux. J'ai pensé qu'il avaient écrit la lettre principalement parce que "Les dents de la mer" avait convaincu tant de gens dans le monde qu'il y avait des requins dans les toilettes et les baignoires, pas juste dans les océans et les rivières. Ils craignaient que le même genre d'épidémie arrive avec les ovnis";

Steven Spielberg en compagnie de John Williams, le compositeur de la musique
du film.
J. Allen Hynek, Docteur en physique et Professeur en astrophysique à la North Western University de Chicago ( décédé en 1986).


RICHARD DREYFUSS


 

Le casting du héros, Roy Neary, n'a pas été simple pour Spielberg. Il souhaitait à la base quelqu'un de très ordinaire afin que tout le monde puisse s'identifier à lui. Alors que le choix de Richard Dreyfuss semble évident (ils viennent de tourner ensemble "Les dents de la mer" ), Spielberg met longtemps à s'en rendre compte. En effet, réalisateur pense d'abord à Steve Mc Queen, Dustin Hoffman, Jack Nicholson, Al Pacino Gene Hackman et même Lino Ventura mais ils ont tous refusé. Alors Richard Dreyfuss réussit à le convaincre en lui expliquant que le rôle de Neary a besoin d'un acteur capable d'avoir l'air d'un enfant. Né à New York le 29 octobre 1947, Richard Dreyfuss monte pour la première fois sur les planches du West Side Jewish Centre Theatre de Los Angeles à l'âge de 12 ans. Se produisant au théâtre et à la télévision, il décroche aussi quelques petits rôles au cinéma. Séduit par son talent, George Lucas lui confie l'interprétation du personnage principal d'"Américan Graffiti" (1973). En 1974, il fait une prestation remarquée dans la peau d'un jeune homme turbulent et ambitieux, cynique et roublard dans 'L'apprentissage de Duddy Kravitz' de Ted Kotcheff. Salué par la critique, il continue sur sa lancée, si bien qu'à 31 ans, il compte déjà à son actif trois des plus grands succès de l'histoire du cinéma ("Les dents de la mer" en 1975, et "Rencontres du troisième type"). La consécration a lieu en 1977 avec son rôle dans "Adieu je reste" récompensé par un Oscar. Cependant, sa présence au casting de 5 films entre 1978 et 1982 ne suffit pas à obtenir des résultats satisfaisant au box-office. Dépressif, l'acteur sombre dans la drogue. Un accident de voitures durant l'année 1982 et son arrestation pour détention de cocaïne mettent fin à sa descente aux enfers. Après une cure de désintoxication, il fait son retour à Hollywood avec "Le clochard de Beverly Hills" en 1986, prouvant ainsi qu'il est toujours l'un des acteurs les plus accomplis de sa génération. Il faudra cependant attendre l'année 1995 et le "Professeur Holland" pour que Richard Dreyfuss cumule nomination au Golden Globes et à l'Oscar du meilleur acteur en incarnant ce professeur de musique aux méthodes novatrices. Entre temps, il incarne des rôles variés qui lui permettent de montrer sa capacité d'adaptation et d'interprétation dans les divers genres cinématographiques : comédie dramatique avec "Stand by me" , fantastique avec "Always" où il retrouve Steven Spielberg.... Malgré l'intensité de sa carrière cinématographique, Richard Dreyfuss ne néglige pas le théâtre et participe également à de nombreux téléfilms. Se faisant de plus en plus rare au cinéma, Richard Dreyfuss participe tout de même, en 2006, au casting du film catastrophe "Poseidon".

Le reste du casting se fait également au dernier moment grâce à d'heureuses circonstances : Teri Garr (qui joue la femme de Neary) obtient le rôle grâce à une pub sur le café où elle représente parfaitement l'image de la femme au foyer.
Melinda Dillon (Jillian Guiler) est choisie deux jours avant le début des prises de vue grâce à des extraits d'une copie de travail de "Bound Of Glory" que le réalisateur, Hal Ashby envoie lui même à Spielberg.
Bob Balaban a réussi à obtenir le rôle de l'interprète de Lacombe, David Laughlin, en mentant quelque peu sur sa connaissance du français. Lors de l'audition, il s'est mis à parler d'un ton sûr en français (même si cela ne voulait rien dire) et tout le monde ne parlant pas un mot de la langue, n'y a vu que du feu.

La production a débuté aux studios de Burbank, s'est ensuite acheminée vers le site montagneux du Devil's Tower dans le Wyoming, avant de s'achever dans un ancien hangar à dirigeables datant de la seconde guerre mondiale à Mobile, Alabama. Ce lieu gigantesque, six fois plus grand que n'importe quel plateau à Hollywood, a été l'un des rares endroits pouvant accueillir un tournage aussi démesuré.

Le responsable des effets spéciaux, Douglas Trumbull, (qui a également collaboré au film "2001 l'odyssée de l'espace") a obtenu les effets spéciaux des nuages en injectant de la peinture blanche dans des réservoirs emplis de sel et d'eau froide.

Ce long métrage a été le premier film sérieux consacré aux Objets Volants Non Identifiés (OVNI). Il est sorti sur les écrans américains le 17 novembre 1977, a enchanté la critique et a engendré des recettes spectaculaires aux Etats-Unis et dans le monde entier. Il a été nominé à 8 reprises aux Oscars et a finalement remporté 2 statuettes : Meilleure Photographie et Meilleur montage sonore.

En 1980, Spielberg a proposé une version légèrement différente, nommée Rencontres du troisième type, édition spéciale avec un montage tel qu'il l'avait prévu à l'origine. Il a coupé plusieurs séquences de la première partie et a tourné les scènes finales qui se déroulent dans le vaisseau spatial.

L'AVIS DE "CIN & TOILES"

Un chef d'oeuvre de science fiction signé Steven Spielberg. Il arrive à nous faire croire à la probabilité d'une existence extraterrestre. La scène finale de la rencontre est grandiose et féérique ; la musique de John Williams y est pour beaucoup. Un film rempli de mystère et de magie où l'on retombe en enfance au même titre que le héros interprété par Richard Dreyffus. Un film qui fait rêver !


Fiche technique



Directeurs de la photographie Vilmos ZSIGMOND, William A FRAKER,
Douglas SLOCOMBE, John A ALONZO,
Laszlo KOVACS, Steve POSTER
Musique John WILLIAMS
Décors Phil ABRAMSON
Effets spéciaux Douglas TRUMBULL
Conseiller technique Docteur J Allen HYNEK
Chef maquettiste Gregory JEIN
Conception artistique Carlo RAMBALDI
Production Julia et Michael PHILLIPS
Distribution Warner-Columbia
Durée 2 h 15

Autres interprètes

Barry Guiler Cary GUFFEY
Robert Lance HENRIKSEN
Wild Bill Warren KEMMERLING
Le fermier Roberts BLOSSOM
Jean-Claude Philip DODDS
Brad Neary Adrienne CAMPBELL
Sylvia Neary Shawn BISHOP
Le major Benchley George DiCENZO
Le chef de projet J Patrick McNAMARA

Spielberg a redoublé d'astuces pour faire jouer le jeune Cary Guffey, l'interprète de Barry Guiler. Ainsi, la scène où il pénètre dans la cuisine dévastée, les expressions qu'il fait en regardant devant lui ont été obtenues grâce à un stratagème ingénieux : deux membres de l'équipe de tournage se sont déguisés ; l'un en "clown" (pour faire sourire l'enfant)) et l'autre en gorille (pour lui faire peur). Le jeune enfant était si brillant dans son jeu que deux prises maximum étaient nécessaires lors du tournage de ses scènes. Steven Spielberg lui fit imprimer un tee-shirt avec son surnom : "Cary une prise !"
Cary Guffey âgé de
3 ans et demi dans
le film.
Cary Guffey aujourd'hui.


Pour interpréter les aliens à la fin du film, le réalisateur avait choisi au départ des orang-outans avec des costumes et des patins à roulettes pour les faire avancer. Se révélant être une véritable catastrophe, son choix définitif s'est porté finalement sur des petites filles beaucoup plus gracieuses selon lui que des garçons.

 



"Devil's Tower", site montagneux de 390 m dans le Wyoming qui a inspiré Steven Spielberg pour le lieu de rencontre avec les extraterrestres.



Le vaisseau mère est filmé sur fond blanc pour accentuer le contraste qui résultera de son incrustation à l'image. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on n'utIlisa pas d'écran bleu. Toutes les incrustations mobiles furent réalisées grâce à des passages répétés devant l'objectif. Semblable à une cité de lumière, le vaisseau mère flotte au-dessus de sa zone d'atterrissage. Inspirée à Spielberg par la vision d'une centrale électrique Indienne, cette maquette (haute d'un mètre vingt et large d'un mètre cinquante} était en fait une structure en fibres de verre non symétriques, hérissée de cylindres d'aluminium, de câbles de cuivre télescopiques et d'ornements de métal et de plastique.